Douze ans aux commandes de Thetford Mines pour le maire Marc-Alexandre Brousseau

Boris Chassagne | 12 décembre 2025 | 13:02
Le maire de Thetford Mines, Marc-Alexandre Brousseau. (Photo: courtoisie)

Marc-Alexandre Brousseau est maire de Thetford Mines depuis douze ans maintenant. Il entame cette année son quatrième mandat. Nous avons profité du dépôt du budget 2026, pour lui parler du présent et de comment il entrevoyait l’avenir de cette ville en pleine effervescence. Car gérer la croissance, impose aussi ses défis propres.

M. Brousseau, qui s’est, lors du dépôt du budget, inquiété du fait que près de 80 pourcent de revenus de la ville provenaient de la taxation ? Il estime qu’il est temps de trouver des solutions à ce mode de financement. Lesquelles ? Plus d’argent de Québec ? Oui, mais pas que. « On voudrait que ça progresse au niveau des transferts gouvernementaux. Une étude a été faite à l’Union des municipalités du Québec, montre que les municipalités de taille moyenne, comme Thetford, sont celles qui obtiennent le moins de transferts gouvernementaux. On n’a pas le choix de diversifier les sources de revenus. C’est pourquoi on s’est impliqués dans l’énergie éolienne. On a créé le Collectif des Sommets afin d’être copropriétaires des parcs éoliens. Avec trois MRC pour générer un peu de revenus. On va toucher des redevances. Pourquoi ne pas participer aussi à l’actionnariat, pour investir les profits dans nos milieux », soutient le maire Brousseau.

Les dépenses d’opération de la ville sont en hausse de plus de 5,18 % à Thetford Mines. Une hausse qui ne s’est pas traduite au niveau du compte de taxes municipales, laquelle a pu être limitée à 1,9 %. Quelle est la recette ? Quels dangers l’administration municipale a-t-elle pu éviter ? « C’est un travail de longue haleine pour s’assurer de bien contrôler les dépenses. 5 % c’est ce qu’on constate quand on ouvre nos appels d’offres! On a eu quelques revenus supplémentaires, grâce au programme de péréquation municipale du gouvernement du Québec. Sinon, on touche maintenant de l’argent qui provient de la TVQ. La croissance d’un point de TVQ commence à paraître », explique M. Brousseau.

Ce bilan financier s’explique certainement aussi par la croissance de la richesse foncière à Thetford. « C’est difficile de ne pas constater la construction qui bat des records. Encore cette année, on va battre un record au niveau des permis de construction qui ont été délivrés ». Ils seront encore plus élevés que les 90 M$ annoncés récemment par la ville, nous assure M. Brousseau.

Infrastructures, croissance, normes environnementales et immigration

Ce seront là les thèmes récurrents des prochaines années. Quand on demande au maire d’énumérer les principaux défis auxquels il sera confronté à court et moyen terme ? Marc-Alexandre Brousseau se réjouit de constater qu’il gère une ville en pleine croissance. « On est vraiment dans un mode de gestion de croissance. On a beaucoup de besoins, beaucoup d’investissements à faire. Thetford a eu une croissance importante au courant du 20e siècle, aujourd’hui, les infrastructures arrivent en fin de vie. Ces infrastructures qui nécessitent des investissements majeurs (nul doute qu’il pense à la station d’épuration des eaux usées). Donc ça va prendre nécessairement de l’aide gouvernementale également. Ça, c’est un enjeu. Sinon, il y a toujours la question du dossier de l’amiante qui plombe nos finances publiques en raison des normes incroyablement exagérées » que Québec impose aux autorités municipales. « Après ça, nos entreprises ont besoin de main-d’œuvre. Avec les règles d’immigration qui font en sorte qu’on va être obligés de renvoyer les gens à la maison, ça va être un autre enjeu pour nos entreprises. »

Rêver à un gel des taxes municipales

Dans une ville qui suit une telle courbe de croissance et d’investissements, serait-il possible d’envisager un jour un gel des taxes municipales ? On peut toujours en rêver. Mais, le maire n’y croit pas. « De ne pas augmenter les taxes, c’est un peu utopique. On a de l’entretien à faire, la ville subit elle aussi l’inflation. On a de gros projets d’infrastructure à faire. On peut balayer les choses sous le tapis à court terme. Un jour, le tapis relève, il faut finir par faire ce qu’on a à faire. »

Les politiciens rêvent-ils de leur ville ? Comment imaginent-ils le futur ? Qu’est-ce qu’il voient ? Marc-Alexandre Brousseau a certainement l’impression de bénéficier d’un vent de dos. Et d’être arrivé à un moment charnière de l’histoire de Thetford Mines. « On a une ville qui a une qualité de vie incroyable, le coût de la vie est plus bas qu’ailleurs, on est 5e à l’indice du bonheur. Tout ce qu’on veut, c’est d’être bien chez nous. C’est d’avoir un niveau de vie qui correspond aux besoins des gens. De permettre aux entreprises de trouver la main-d’œuvre dont elles ont besoin. Des gens qui se logent à un prix qui est acceptable encore. On est la ville la plus abordable au Québec. Quand on additionne tout ça, c’est déjà très bien. Ce qu’on veut c’est gérer cette croissance, d’offrir un panier de services qui correspond aux aspirations des citoyens. »

À l’aube de son quatrième mandat, Marc-Alexandre Brousseau se plait encore à son poste. « On prend les mandats un à un. Sinon, je ne serais pas là encore aujourd’hui. On est dans une période stimulante. C’est une chance, dit-il, d’être comme politicien à la tête d’une d’une ville qui va aussi bien. « On gère des défis de croissance. Ça devait être pas mal drôle il y a quelques décennies d’être à la tête d’une ville en décroissance avec les mines qui fermaient. Là, on a de beaux projets, en termes d’économie circulaire, d’énergie verte, de reconversion des sites miniers, on a un terrain de jeu qui est vraiment malléable et hyper intéressant », de conclure le maire Marc-Alexandre Brousseau.