Le maire d’Adstock face aux défis de la croissance

Boris Chassagne | 22 décembre 2025 | 12:21
Le maire d'Adstock, Pascal Binet. (Photo: courtoisie)

Les élus de la municipalité d’Adstock ont tous élus par acclamation en octobre dernier. S’ils n’ont pas eu l’occasion de débattre longtemps de leurs idées, ils ont en revanche eu un mois de plus pour peaufiner le budget de la municipalité d’Adstock, livré au public le 15 décembre dernier. Les six conseillers et conseillères et le maire Pascal Binet ont planché sur des réductions du taux de taxation de 24 à 42 %. Les augmentations du compte de taxes pour les immeubles résidentiels n’ont pas dépassé les 1,76 %. Le maire Binet qui se félicite d’être « arrivé à un résultat rigoureux, mais satisfaisant ».

C’est pour donner suite au dépôt de ce budget que nous avons profité de cette fin d’année pour discuter à bâtons rompus d’avenir, avec le maire. Pascal Binet qui entame, comme celui de Thetford Mines, son quatrième mandat. M. Binet a pris les rênes d’Adstock en 2013 et jongle aujourd’hui avec un budget de 9 M$.

Le visage de la municipalité d’Adstock a beaucoup changé ces dix dernières années. Adstock qui est en pleine croissance. Le développement de la villégiature, de la construction résidentielle, du récréotourisme l’explique en partie. Et ce sont des facteurs qui comptent quand il faut gérer une municipalité. « La richesse foncière de la municipalité qui s’est bonifiée de près de 300 M$. « On a 70 immeubles qui n’étaient pas là l’an passé », note le maire Pascal Binet.

Ces transformations, M. Binet les appréhende de manière positive. « L’élément qui m’anime, c’est le dynamisme de la municipalité. On a beaucoup de projets qu’il faut consolider ou développer. Le résidentiel, le récréotouristique, nos politiques de développement économique, environnemental, nos politiques familiales (…). De faire une différence, c’est un peu le sens de mon engagement, comme de trouver des solutions aux enjeux, problèmes » auxquels la population fait face.

Le résidentiel, les pôles récréotouristiques et agroalimentaires

Ce sont là trois des secteurs clés sur lesquels Adstock va plancher. « Deux projets d’ensemble résidentiel sont dans les cartons à Adstock. On compte aussi bonifier les infrastructures de loisirs, particulièrement dans le secteur de Saint-Méthode. Aussi, implanter certaines mesures environnementales ». Le maire Binet cite à ce chapitre, la préservation des plans d’eau et l’élimination des espèces aquatiques envahissantes. La consolidation des pôles récréotouristiques et agroalimentaire ne seront pas laissés pour compte. La MRC, dans son ensemble, va d’ailleurs aussi y contribuer. « On va collaborer avec la MRC, on va adopter un nouveau Plan de développement de la zone agricole (PDZA). On a une présence maraîchère » et cet atout économique, le maire Binet tient à le renforcer.

Le maire se félicite d’avoir la chance de travailler avec une équipe qui a une expertise polyvalente. « J’ai eu la chance d’évoluer avec des conseils municipaux, qui voulaient faire progresser la municipalité. On s’est dotés de plans d’action et on est à l’écoute de la population. On est allés chercher des aides financières. Car on ne peut pas tout envoyer en règlements d’emprunt et alourdir la dette municipale. Il y a des choix à faire, et on ne peut pas tout faire. On a 200 km de routes, 300 km carrés de territoire. Tout le monde voudrait voir apparaître des projets de réfection de voiries ou de développement », nous dit le maire. Mais, il faut tenir compte de la capacité de payer des citoyens. « On a une bonne gestion financière, on a même créé des réserves pour tenir compte des imprévus. C’est un bagage qu’on a hérité de ceux qui nous ont précédés aussi. »

Une dette à la mesure de la capacité de payer

La dette d’Adstock se chiffre actuellement à 11 M$ et elle évolue en fonction des projets mis en chantier, précise Pascal Binet. « Le trois quarts de la dette est affecté au réseau routier et au matériel roulant. En dix ans, Adstock a fait 26 M$ de travaux dont 60 % étaient financés par des aides financières. 40 % du réseau routier a été touché ces dix dernières années. On a ce souci d’avoir des ressources qui vont chercher ces aides financières. La construction du Complexe sportif Mariette et Joseph Faucher et le Centre intergénérationnel de Sacré-Cœur-de-Marie ont aussi impacté le montant de la dette », note le maire. « C’est une nécessité qui sert la population. La gestion d’une dette doit tenir compte de la croissance de la municipalité. On a fait des gels du taux de taxation quand on pouvait se le permettre. »

La participation citoyenne au cœur d’une saine gestion municipale

Pour Pascal Binet, la rétroaction des citoyens est capitale. Il affirme que les citoyens doivent s’impliquer, assister aux réunions du conseil municipal, et faire entendre leur point de vue lors des consultations qui sont menées. « On est tous des contribuables. C’est important que les gens, les citoyens, qui nous prêtent la municipalité pendant quatre ans, s’intéressent à la chose municipale. La mobilisation citoyenne fait toute une différence dans l’évolution d’une municipalité. Si tu ne t’intéresses pas à la chose municipale, tu ne t’intéresses pas non plus à tes affaires personnelles. On est là quatre ans, il faut voir comment cette municipalité peut croitre et évoluer sur 10 ans. C’est le filet de sécurité qu’on a, quand on prend des décisions », souligne Pascal Binet.

Une chose est certaine. Le maire Pascal Binet semble avoir la confiance de ses concitoyens, comme des élus qui l’ont accompagné ces douze dernières années. Son bilan ne doit pas être si mal ? « Je ne prends rien pour acquis, quand je ne ferai pas partie de la solution, mais du problème j’ose penser que je vais être capable de m’en apercevoir ! », de conclure M. Binet, avec un sourire en coin.