Québec exigera davantage d’argent des étudiants étrangers dès le 1er janvier 2026

Boris Chassagne | 29 décembre 2025 | 12:16
(Photo: depositphotos)

Le Québec rehausse les exigences financières imposées aux étudiants étrangers : dès le 1er janvier 2026, la somme que les étudiants devront détenir dans leur compte pour venir étudier dans la province augmentera de presque 10 000 $ pour une personne seule.

Les étudiants étrangers devront désormais démontrer qu’ils disposent d’au moins 24 617 $ afin d’être admissibles à un séjour d’études au Québec, contre 15 508 $ en 2025. À cela s’ajoutent les droits de scolarité ainsi que les frais de transport pour effectuer l’aller-retour depuis leur pays d’origine.

Le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, affirme que cette exigence vise à mieux aligner les critères d’admission sur les conditions économiques actuelles au Québec.

Selon le ministère, cette nouvelle mesure permettra aux étudiants étrangers d’être mieux préparés « aux réalités du Québec », explique la porte-parole du ministère, Émilie Vézina. « Les modifications réglementaires ont été élaborées dans une optique de mieux refléter l’évolution rapide du coût de la vie », a-t-elle répondu au Devoir par courriel.

Un nouveau calcul

Pour effectuer cette révision de la somme nécessaire et éviter « autant que possible d’accueillir des étudiants étrangers qui pourraient se retrouver dans une situation de grande vulnérabilité », le ministère se base désormais sur la mesure du panier de consommation (MPC). Celle-ci estime combien il en coûte pour couvrir les besoins de base, comme le logement, l’alimentation, l’habillement, le transport et les dépenses essentielles du quotidien, à partir du budget d’une famille type, ajusté selon la région et la taille du ménage. La MPC est révisée annuellement. « La MPC est l’une des mesures les plus utilisées et préconisées par le gouvernement du Québec, et il s’agit de la mesure qui correspond le mieux aux objectifs de la capacité financière pour les étudiants étrangers », explique le ministère.

Puisque la MPC varie selon les régions et qu’il n’existe pas de calcul pour l’ensemble du Québec, le ministère a choisi d’utiliser celle de la région de Montréal. « D’une part, la majorité des étudiants étrangers séjournent dans cette région et, d’autre part, il n’y a pas d’écart important entre les MPC des différentes régions dans lesquelles se concentrent les étudiants étrangers. Il a aussi été jugé bénéfique pour la clientèle de proposer un seul seuil uniforme », explique Mme Vézina.

Concrètement, les étudiants devront prouver, au moment de demander un visa d’études, cette nouvelle capacité financière par des documents transmis au gouvernement. Les étudiants étrangers doivent fournir des preuves écrites démontrant qu’ils disposent des sommes exigées, ou qu’un tiers (comme un parent) s’engage formellement à couvrir leurs dépenses pendant leurs études.

Ces documents peuvent inclure, entre autres, des attestations bancaires ou des preuves de revenus. L’objectif, selon le ministère, est de vérifier que les fonds annoncés sont bel et bien disponibles et suffisants pour la durée du séjour, et non de simples estimations théoriques.

Ce reportage de Mathilde Beaulieu-Lépine bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.