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La SAQ veut ouvrir une centaine de mini agences dans les prochains mois
D’ici l’été, la SAQ compte ouvrir près d’une centaine d’étalages dans des commerces urbains Une personne marche vers une succursale de la SAQ à Montréal le mardi 4 mars 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi La Société des alcools du Québec (SAQ) pourrait offrir une trentaine de produits dans le dépanneur ou l’épicerie de votre quartier au cours des prochains mois. D’ici l’été, la société d’État compte ouvrir 92 étalages dans des commerces urbains, a-t-elle annoncé mercredi en fin de journée.
Le concept de mini agences, qui porte le nom de Zone SAQ, offrira entre 30 et 40 produits. L’idée derrière ce concept est de s’adapter aux comportements de consommation, explique Isabelle Dufour, vice-présidente de l’exploitation des réseaux de vente, en entrevue mercredi. « On s’est rendu compte qu’il y avait des petits trous de marché, où le client ne se rendait pas nécessairement dans la succursale près de chez lui », a-t-elle expliqué.
En étant présent dans un commerce ayant des heures d’ouverture plus étendues, cela permettrait à la SAQ de « dépanner un client » à un moment où ses succursales ne sont pas ouvertes, enchaîne-t-elle.
La SAQ teste ce modèle depuis le printemps dernier. Elle a mené des projets pilotes dans huit établissements à Montréal, Laval, Longueuil, Granby et Lévis. En octobre, elle avait annoncé qu’elle retardait le lancement à plus grande échelle, le temps de faire plus de consultations. Ces discussions ont permis de bien expliquer le modèle aux parties prenantes qui avaient des préoccupations au sujet de la santé publique, a dit Mme Dufour. Le concept avait d’ailleurs fait l’objet de critiques de la part du Syndicat des employés de magasins et de bureaux de la SAQ, qui y voyait une forme de privatisation des activités de la société d’État.
Le syndicat s’inquiétait de la capacité des épiciers et dépanneurs qui hébergeront des Zones SAQ à assurer la vente responsable d’alcool avec la même rigueur que les employés en succursale. Mme Dufour insiste pour dire que la SAQ prendra les moyens nécessaires pour veiller à ce que les commerçants fassent la vente responsable d’alcool. Ils devront faire des tests par l’intermédiaire de clients mineurs deux fois par année et en rendre compte à la SAQ. « Nous aussi, on va vouloir les tester au hasard, comme on le fait avec nos succursales », prévient Mme Dufour.
La dirigeante mentionne que les établissements qui seront sélectionnés dans le cadre de l’appel d’offres ont déjà une expertise en la matière, puisqu’ils vendent déjà des produits alcoolisés ou du tabac.
Des livraisons par Uber Eats
La SAQ a aussi dévoilé le choix d’Uber Eats pour mener un projet pilote de livraison. Elle prévoit tester ce concept à compter de la fin février sur l’île de Montréal. Encore une fois, la société d’État veut s’adapter aux comportements des consommateurs, qui apprécient lorsqu’ils peuvent éviter un déplacement, explique Sandrine Bourlet, vice-présidente de la commercialisation, de la SAQ, au cours du même entretien.
Lorsque la SAQ avait évoqué son intention d’explorer un partenariat avec une plateforme de livraison au printemps dernier, les tensions commerciales avec les États-Unis étaient à leur sommet. À ce moment, le PDG de la société d’État, Jacques Farcy, avait mentionné que le choix de la plateforme devrait « être compatible » avec le contexte politique. La SAQ fait finalement affaire avec la plateforme américaine, Uber Eats, pour son projet pilote.
La société d’État a respecté la décision politique du gouvernement Legault de retirer les alcools américains de ses tablettes. Dans le cas du choix de la plateforme, il s’agissait d’une décision commerciale, nuance Mme Bourlet. « On a ouvert l’appel de propositions et les seules plateformes de livraisons collaboratives, ce sont des plateformes qui ont des nationalités américaines, ou pas loin, qui ont décidé de postuler », répond-elle. Uber a été sélectionnée parce qu’elle a déjà une expérience en matière de livraison d’alcool, notamment avec la Régie des alcools de l’Ontario (LCBO). Être capable de respecter « l’éthique de vente » de la SAQ était une condition « sine qua non », ajoute Mme Bourlet.