Articles récents
Articles récents
Une équipe de recherche de l’UQAM se penche sur les impacts des résidus miniers amiantés
Haldes de résidus miniers. (Photo: MRC des Appalaches) Une équipe de recherche de l’UQAM étudie l’impact des résidus miniers amiantés (RMA) sur les dynamiques sociales à Thetford Mines et Val-des-Sources. L’équipe vise à comprendre l’impact de ces résidus sur les dynamiques sociales, culturelles et sanitaires de ces deux villes minières. Ces dernières traversent actuellement de nouvelles phases de développement économique et social. Une enquête populationnelle sera également réalisée, avec la collaboration des Centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux de l’Estrie et de la Chaudière-Appalaches.
Si l’exploitation de l’amiante est aujourd’hui interdite au Canada en raison de ses effets toxiques, les mines abandonnées ont toutefois laissé derrière elles de gigantesques amoncellements de résidus miniers amiantés. L’équipe de l’UQAM, dirigée par la professeure du département d’Études urbaines et touristiques Yona Jébrak cherche à déterminer l’impact qu’ont ces RMA sur les dynamiques sociales, culturelles et sanitaires dans les villes minières de Thetford Mines et Val-des-Sources.
« Notre recherche se situe au croisement de l’histoire, de l’ethnographie, des études urbaines et de la santé publique afin d’analyser comment le paysage minier, matériel et symbolique, structure les identités, les mémoires et les récits collectifs des communautés de Thetford Mines et Val-des-Sources », explique Yona Jébrak. Leur étude interroge la manière dont les populations perçoivent l’évolution de leur territoire, leur rapport à celui-ci ainsi que les risques liés à la présence des RMA sur les sites appelés « haldes ».
Au Québec, les dernières mines d’amiante ont cessé leurs activités en 2012. La fermeture d’une mine, souvent le principal employeur d’une région, est susceptible de modifier radicalement le style de vie de la communauté touchée, poursuit la professeure. « Ce changement peut entraîner une perte d’identité et des perturbations psychologiques — anxiété, détresse, dépression — ainsi qu’un sentiment de désillusion face à l’avenir. Plusieurs générations ont travaillé dans les mines d’amiante, dont la présence a contribué à la croissance des régions et à la création d’une forme de cohésion sociale, rappelle la professeure. Depuis la fermeture des mines, on s’interroge sur cet héritage industriel. Faut-il le rejeter ou, au contraire, le valoriser, notamment sur le plan patrimonial ? » questionne la chercheuse. « Les résultats de la recherche offriront aux autorités locales et aux services de santé publique des pistes de réflexion sur le développement de projets économiques, sociaux et culturels ainsi que sur les enjeux concernant les risques associés aux RMA », souligne la chercheuse.