Le vent tourne en faveur des travailleurs, estime l’Institut du Québec

La Presse Canadienne | 19 février 2026 | 13:17
Un employé d'un commerce ramène des paniers à l'enclos après une chute de neige. Photo prise le 3 décembre 2025 à Saint-Jean, Terre-Neuve. (Photo: LA PRESSE CANADIENNE/Paul Daly)

Les projections de l’Institut de la statistique du Québec prévoient une décroissance de la population en âge de travailler au cours des trois prochaines années. Durant les années 2026 à 2029, au Québec, la population en âge de travailler diminuera pour la première fois depuis plus d’un siècle.

Le rapport de force entre employeurs et employés pourrait par conséquent basculer en faveur des travailleurs, dès cette année, en raison de la baisse des seuils d’immigration et du vieillissement de la population de la province, explique l’Institut du Québec, dans son récent Bilan de l’emploi pour 2025 intitulé Un nouveau rapport de force.

« Les projections de l’Institut de la statistique du Québec nous montrent qu’on va avoir une décroissance de la population en âge de travailler, donc on regarde les 20 à 64 ans, au cours de ces trois prochaines années. C’est la première fois qu’il y a une baisse depuis plus d’un siècle », a souligné en entrevue Emna Braham, présidente-directrice générale de l’Institut du Québec. Durant les années 2023 à 2025, explique-t-elle, on a assisté à un repli du marché du travail, avec une montée des taux d’intérêt et un bond de l’immigration. « On avait un marché du travail qui était peut-être un peu plus à l’avantage des employeurs que des employés. »

« On voit qu’en 2025, même en pleine guerre commerciale, ça se stabilise. Et ce qu’on peut entrapercevoir, c’est qu’à partir de 2026, on pourrait même voir un renversement de la situation, avec un retour des pénuries de main-d’œuvre, davantage de postes à pourvoir que de candidats, donc un marché du travail qui va peut-être plus être en faveur des employés », résume Mme Braham.

Les salaires

Contrairement à ce qu’affirment bien des gens, les salaires ont progressé plus vite que l’inflation, entre décembre 2024 et décembre 2025, surtout dans le secteur public, où ils ont crû de 7,5 %. « Dans le secteur privé, on est quand même au-dessus de l’inflation, avec 3,6 % de croissance des salaires. Mais c’est vraiment beaucoup le secteur public qui a porté la croissance des salaires », souligne Emna Braham.