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La fonderie CIF Métal craint de devoir délocaliser sa production, faute de main-d’œuvre
(Photo: CIF Métal) Le directeur général de la fonderie CIF Métal, Claude Blanchet, s’inquiète pour l’avenir de son entreprise. CIF Métal de Thetford Mines demande aux deux paliers de gouvernement d’accorder une clause de droits acquis aux travailleurs étrangers temporaires.
L’entreprise, qui compte 165 employés, dont près de 80 venus d’Amérique latine et d’Asie, pourrait être forcée de délocaliser sa production, pour combler ses besoins de main-d’œuvre et pour répondre à un carnet de commandes qu’elle n’arrive plus à honorer. M. Blanchet dit ne pas comprendre l’attitude de Québec et d’Ottawa sur cette question.
La fonderie pourrait dit-il à terme perdre une bonne portion de ses effectifs, si Québec et Ottawa s’entêtent, en ce qui a trait à la règlementation liée à l’embauche des travailleurs étrangers temporaires (TET). L’Alliance pour la main-d’œuvre étrangère se range derrière des entreprises comme CIF Métal et milite pour qu’elles puissent conserver les employés déjà en place. Des sommes considérables ont été investies par plusieurs pour les former et les recruter à l’extérieur du pays, encouragées par Québec.
CIF Métal qui n’arrive plus à répondre au carnet de commandes de ses nombreux clients, qu’ils soient aux États-Unis ou au Québec. Et parmi eux, Hydro-Québec! « Je suis en forte croissance, comment je vais faire pour honorer mes contrats si on m’enlève mon équipe? » – Claude Blanchet
« Déjà, j’ai 20 postes ouverts que je ne suis pas capable de combler. Avec le contexte actuel, on ne voit pas comment on pourrait avoir de la croissance ici. Si on m’enlève la moitié de mes employés, je ne pourrai pas survivre à ça. Le TET nous donnait un avantage compétitif. On avait accès à une main-d’œuvre qualifiée qui est en pénurie en Amérique du Nord. On s’acharne sur ces gens pour qu’ils s’en aillent. C’est un manque de jugement et de compréhension » de dire M. Blanchet. Et ce n’est pas à Thetford où le vieillissement de population est très prononcé, que la relève tape du pied, dit-il. « Le gouvernement du Québec nous a incités à embaucher ces travailleurs, avec le traitement simplifié, à embaucher des travailleurs qualifiés. Nous, on veut qu’ils deviennent permanents. Ils travaillent ici, leur femme travaille ici, leurs enfants vont à l’école ici, ils contribuent à l’économie de Thetford », soutient M. Blanchet.

Ottawa renvoie la balle à Québec
« Ottawa nous dit, – on veut mettre permanents vos gens, mais, il faut qu’ils passent à travers le processus (d’immigration) du Québec », relate M. Blanchet. « On dirait que les gens ne nous croient pas. Je ne me sens pas écouté des gouvernements, c’est frustrant. »
Alors, si rien ne change, que fera CIF Métal? « L’entreprise ne pourra pas survivre si on n’apporte pas de changements importants. Et de s’exporter n’est pas exclu. On va étendre nos horizons. Je veux croitre ici, je n’ai pas le goût d’aller vers là. C’est par nécessité de survie. Les travailleurs étrangers supportent le 50% des autres travailleurs. Ils supportent des milliers d’emplois canadiens. »
Notons que les employés de la fonderie sont syndiqués, ils gagnent entre 22$ et 30$ l’heure. Leur convention collective est sur le point d’être renouvelée.