Des centaines de personnes répondent à l’appel à la mobilisation lancé par la Ville et la MRC des Appalaches

Boris Chassagne | 29 avril 2026 | 09:00
(Photo: Ville de Thetford)

Plusieurs centaines de personnes ont convergé hier vers le Centre des Congrès de Thetford pour répondre à l’appel à la mobilisation que leur avaient lancé la Ville de Thetford Mines, la MRC des Appalaches, et leurs partenaires socioéconomiques.

Tous étaient rassemblés pour demander à Québec qu’on leur donne les moyens de leurs ambitions. Ténors industriels, figures politiques, citoyens, commerçants, organismes communautaires ont signalé leur présence pour exiger de Québec des allègements réglementaires sur la gestion des sols amiantés, l’adoption rapide d’un cadre législatif sur le stockage géologique du CO2 (projet de loi 17), et la réhabilitation complète du tronçon 4 du Chemin de fer.

Ludovic Beauregard, commissaire à l’économie circulaire de la MRC des Appalaches, précise que l’événement visait à envoyer un message clair à la nouvelle première ministre du Québec, Christine Fréchette.

Le maire de Thetford, Marc-Alexandre Brousseau, qui s’est fait le porte-parole du dossier, affirme que les règlementations sur l’amiante et l’inaction du gouvernement coûtent une fortune à la Ville, aux citoyens, et aux entreprises. Ceci alors que tout un écosystème s’est développé autour des nombreuses interventions faites par la ville avec l’appui de ses partenaires économiques et industriels, communautaires et politiques.

Des entreprises comme Deep Sky et Vema Hydrogen étaient sur place pour parler du fort potentiel de la région en matière de captation du carbone et pour militer en faveur de l’adoption de la loi 17 avant la levée de la session parlementaire et les élections provinciales de novembre. « Il ne reste pas beaucoup de temps. Mais, si tout le monde s’y met, on peut y arriver » de dire Deep Sky qui attend que le gouvernement donne le feu vert au projet de loi 17.

Sur le site de forage de Vema Hydrogen. (Photo: Vema)

Le maire Marc-Alexandre Brousseau a déclaré que la région « a affronté avec brio des défis économiques importants et se positionne maintenant comme un leader dans les domaines de l’économie circulaire, des technologies environnementales et de l’énergie verte. Nous ne demandons pas de l’écoute de la part du gouvernement, nous demandons de l’action ! ». Le maire Brousseau ajoute que la région « est la seule à subir les impacts coûteux de la réglementation. La moitié des municipalités au Québec seraient touchées par la présence de l’amiante », de dire le maire. Il est temps, dit-il « de permettre la mise en place de règles intelligentes et logiques entourant la manipulation des résidus amiantés ».

Le maire qui a tenu à féliciter la nouvelle ministre de l’Environnement du Québec, Pascale Déry, pour son empressement à ouvrir la discussion avec lui. Les deux officiels qui ont eu un entretien téléphonique lundi soir. « On a une entreprise qui veut s’implanter chez nous, qui va capter le CO2 dans l’air, qui va le minéraliser, donc l’envoyer dans notre sol et le capter pour des millions d’années. Mais pour que ça puisse se faire, il faut qu’elle ait accès aux crédits d’impôt du fédéral. On n’a pas d’encadrement réglementaire. Il faut absolument que ça se règle le plus rapidement possible. On est tannés d’avoir une cible dans le dos. Ce qu’on veut, c’est qu’il y ait des règles intelligentes, logiques, avec du gros bon sens, qu’on puisse continuer de développer notre plein potentiel », de dire M. Brousseau.

(Photo: MRC des Appalaches)

L’amiante : l’épine de Lenoir du développement de la région de Thetford.

« La région de Thetford est à un moment charnière de son histoire. Les projets portés ici ont le potentiel de générer des retombées économiques majeures, de créer des emplois de qualité et de renforcer durablement l’attractivité de tout notre territoire. Nous avons les ressources, l’expertise et la mobilisation du milieu pour réussir. Ce que nous demandons aujourd’hui, c’est que le gouvernement devienne un partenaire actif de ce développement en posant rapidement les gestes nécessaires pour permettre à notre région de livrer pleinement sa contribution à l’économie du Québec. » — Jean-François Roy, préfet de la MRC des Appalaches.

Une course contre la montre

La levée de la session parlementaire et les prochaines élections pourraient tout gâcher. « C’est effectivement une course contre la montre. On est exaspérés de la façon dont les règles sont mises en place pour la gestion de l’amiante. Mais il y a des dossiers qui urgent ». Comme le train. « Il y a beaucoup d’argent qui se perd. Il y a des entreprises qui ont des projets qui peuvent être en péril si on n’a pas des confirmations rapides. On est déjà extrêmement en retard », précise M. Brousseau.

Les différents acteurs touchés par la règlementation de l’amiante veulent que les choses bougent avant la levée de la session parlementaire et les prochaines élections. Ils craignent assurément de tout devoir reprendre à zéro en octobre avec un possible nouveau gouvernement. « Tout ce qu’on veut, c’est travailler avec les autres. On est dans une période où le gouvernement cherche de l’argent. Nous, ce qu’on veut, ça va faire sauver de l’argent au gouvernement. On ne comprend pas pourquoi ça n’avance pas plus vite que ça ! On a tout ce qu’il faut sur notre territoire pour avoir un grand nombre de projets qui vont rendre service à l’environnement. Mais là, il faut juste se donner un encadrement qui a du bon sens, qui va permettre de réaliser ces projets-là. »

La Chambre de commerce de Thetford qui tape aussi du pied.

« La région de Thetford est prête. Prête à contribuer de manière stratégique à l’économie québécoise, prête à accélérer l’innovation en économie circulaire et prête à transformer ses atouts uniques en leviers de prospérité durable. Pour y parvenir, il est essentiel que le gouvernement du Québec pose rapidement les gestes attendus afin de permettre à nos entreprises, à nos organisations et à nos citoyens de concrétiser le plein potentiel de notre territoire. La volonté est, ici, sur le terrain. Nous demandons maintenant que les conditions nécessaires soient réunies pour avancer. » — Josée Durand, directrice générale, Chambre de commerce et d’industrie de la région de Thetford.

Une pétition en ligne circule depuis hier pour faire pression sur le gouvernement de la Coalition Avenir Québec.