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L’ancienne juge Louise Arbour sera la prochaine gouverneure générale
Le premier ministre Mark Carney et Louise Arbour annoncent la nomination du nouveau gouverneur général lors d'un événement à Ottawa, le mardi 5 mai 2026. (Photo: LA PRESSE CANADIENNE/Adrian Wyld) L’ancienne juge de la Cour suprême Louise Arbour sera la prochaine gouverneure générale du Canada, a annoncé mardi le premier ministre Mark Carney.
« C’est une fonction qui requiert un jugement éclairé, une grande érudition et un engagement sans faille en faveur de l’État de droit », a déclaré M. Carney, expliquant que Mme Arbour est une Canadienne « dont la vie entière a été consacrée à ce principe ».
Prenant la parole lors de la conférence de presse tenue à Ottawa, Mme Arbour a dit accepter ces responsabilités « avec un sens profond du devoir ». Le Canada est, a-t-elle déclaré, « un pays formidable » qui est « façonné par sa diversité de gens, de perspectives et d’expériences, mais, je crois, façonné, aussi, principalement, par un respect profond pour les institutions publiques et la règle de droit ».
Louise Arbour, née à Montréal, parle couramment les deux langues officielles du pays — le français et l’anglais —, contrairement à l’actuelle gouverneure générale, Mary Simon.
Le gouverneur général est le représentant du souverain, le roi Charles III, au Canada. Il est nommé par le roi sur la recommandation du premier ministre. Selon M. Carney, le roi a accepté la nomination.
Questionnée à savoir si elle se considère comme une monarchiste, Mme Arbour a répondu que le terme est souvent employé de manière « très péjorative ». Elle reconnaît toutefois qu’elle sera la représentante de la Couronne dans une monarchie constitutionnelle de type parlementaire. Cet arrangement constitutionnel a « extrêmement bien servi le Canada », a-t-elle déclaré.
Louise Arbour est particulièrement connue pour avoir siégé sur le banc de la Cour suprême de 1999 à 2004. Au cours de sa prestigieuse carrière, elle a été juge en Ontario et procureure en chef des Nations unies au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda. Et, après avoir quitté le plus haut tribunal du pays, la juge Arbour a été Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme et présidente-directrice générale de l’International Crisis Group.
Ses réalisations ont été soulignées par près d’une centaine de distinctions, dont 42 doctorats honorifiques distribués aux quatre coins du monde, a souligné le bureau du premier ministre. Mme Arbour a également été décorée de l’Ordre du Canada, la plus haute distinction civile au pays — une médaille que remet d’ailleurs le gouverneur général.
Le premier ministre a affirmé que Mme Arbour aura, dans ses nouvelles fonctions, « un rôle constitutionnel très important ». Il a évoqué la décision de proroger — ou pas — le Parlement, par exemple. « C’est difficile d’anticiper tous les potentiels défis ou crises constitutionnelles qui pourraient découler pendant un mandat », a expliqué M. Carney.
Mais à l’exception de ces rares occasions, le rôle du gouverneur général est très protocolaire, une situation qui ne formalise pas Louise Arbour, et que le premier ministre a jugé « vachement important », tout en reprenant les exemples de la journaliste qui le questionnait.
« C’est important de serrer des mains, de donner des médailles, de pleurer avec des gens de temps en temps. C’est un aspect du Canada, de célébrer notre pays. (…) Il faut être humain », a-t-il dit.
Mme Arbour a aussi été questionnée sur la manière dont elle voit le fait que sa liberté de parole sera davantage restreinte, elle qui jugeait tout récemment que Donald Trump raconte « n’importe quoi ». Elle s’est dite « très, très consciente » des contraintes qu’elle devra s’imposer en conséquence. « On peut avoir exprimé des opinions dans un certain contexte qui ne sont pas des opinions qu’on va nécessairement mettre en œuvre dans un contexte officiel différent », a-t-elle déclaré.
Réagissant à la nomination de Louise Arbour, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a dit avoir « le plus grand respect » pour la carrière et l’œuvre de Louise Arbour. « Maintenant, prendre soin des plus vulnérables au monde ou préserver les vertus de démocratie et de droits de la personne n’est pas complètement compatible avec l’idée même de monarchie qui est un gouvernement d’une espèce d’élite désignée par Dieu. Donc ça, ça me préoccupe », a-t-il dit.