Une pénalité de 8000 $ est recommandée contre la députée Sona Lakhoyan Olivier

La Presse Canadienne | 7 mai 2026 | 12:40
La députée Sona Lakhoyan-Olivier prend la parole à l'entrée d'une réunion du caucus du Parti libéral du Québec, à l'Assemblée nationale du Québec, le mardi 2 décembre 2025. (Photo: LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot)

La commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale recommande une pénalité de 8000 $ contre la députée Sona Lakhoyan Olivier, pour avoir tenu des activités partisanes lors de la course à la chefferie du Parti libéral du Québec (PLQ) dans son bureau de circonscription de Chomedey. L’ex-élue libérale a aussi entravé le travail de la commissaire. 

« La preuve démontre que les locaux du bureau de circonscription et la masse salariale des membres du personnel ont été utilisés à des fins partisanes entre les mois d’avril et de juin 2025, et de manière accrue à deux moments charnières de la course », écrit la commissaire Ariane Mignolet dans son rapport déposé jeudi à l’Assemblée nationale. « Le bureau est alors devenu le quartier général des activités partisanes réalisées par l’association du Parti de la circonscription de Chomedey et les membres du personnel ont été activement mobilisés », ajoute-t-elle. 

Entrave

Le rapport indique également que la députée a entravé le travail d’enquête de la commissaire. « La preuve révèle que la Députée a discuté de l’enquête à plusieurs reprises avec les membres de son personnel afin de les convaincre du bien-fondé de sa version des faits et de dicter leurs éventuelles réponses aux questions », écrit la commissaire. 

Sona Lakhoyan Olivier a aussi « modifié les paramètres d’un canal de discussion utilisé à des fins professionnelles et partisanes pour empêcher toute personne d’enregistrer des images et d’exporter l’historique de la conversation ». Ariane Mignolet recommande donc une pénalité de 8000 $ en raison de la « gravité des manquements » et du « manque de respect de la Députée envers les membres de son personnel et l’Assemblée nationale ». 

« Tolérance zéro »

Mme Lakhoyan Olivier a été exclue du caucus libéral en décembre dernier au moment du déclenchement de cette enquête. Le chef libéral Charles Milliard a indiqué jeudi que son parti allait appuyer le rapport de la commissaire et que la députée va rester exclue du caucus. « Les gestes posés sont incompatibles avec les valeurs et les standards que nous nous imposons. C’est tolérance zéro. Elle ne sera donc pas candidate pour le parti lors de la prochaine élection générale », a-t-il écrit sur X. 

Chefferie libérale

Sona Lakhoyan Olivier a appuyé Pablo Rodriguez dans la première course à la chefferie libérale. Peu de temps après sa victoire, le « Journal de Montréal » a révélé des textos suggérant que des membres qui appuyaient Pablo Rodriguez lors de la course auraient eu des récompenses en argent. Les personnes à l’origine de ces messages ne sont toutefois pas nommées dans l’article.

La station de radio Cogeco a ensuite affirmé que les deux personnes derrière ces mystérieux textos étaient la députée libérale Sona Lakhoyan Olivier ainsi que la députée caquiste Alice Abou-Khalil. Les deux élues ont démenti et ont envoyé des mises en demeure à Cogeco. Ces textos ont été l’un des éléments qui ont plongé le PLQ dans une profonde crise l’an dernier. 

Rappelons que Pablo Rodriguez a démissionné en décembre dernier en raison d’allégations d’irrégularités dans le financement de sa course à la chefferie. L’Unité permanente anticorruption (UPAC) et le Directeur général des élections enquêtent également sur sa course.