Hantavirus: une équipe consulaire canadienne est en route vers les îles Canaries

Boris Chassagne | 8 mai 2026 | 09:08
Le bateau de croisière MV Hondius quitte le port de Praia, au Cap-Vert, le mercredi 6 mai 2026. (Photo: ASSOCIATED PRESS/Misper Apawu Misper Apawu)

Une équipe consulaire déployée par le gouvernement fédéral se dirige actuellement vers les îles Canaries, où elle rencontrera les quatre Canadiens qui se trouvent toujours à bord du bateau de croisière touché par des cas d’hantavirus.

Selon le gouvernement fédéral, trois personnes ayant un lien avec cette croisière sont en isolement à domicile en Ontario et au Québec, mais elles ne présentent aucun symptôme. Ils se sont placés en quarantaine chez eux, en Ontario et au Québec. Les trois sont asymptomatiques.

Deux Canadiens ont débarqué du navire sur l’île isolée de Sainte-Hélène, dans l’Atlantique Sud, il y a près de deux semaines. Ils ont pris le même vol de retour qu’un troisième Canadien qui n’était pas à bord du navire. La personne résidant au Québec fait l’objet d’un suivi préventif. Selon la ministre provinciale de la Santé, Sonia Bélanger, cette personne a pris le même vol qu’un cas confirmé d’hantavirus.

Malgré tout, le risque de transmission est «extrêmement faible», selon les autorités de la santé publique, puisqu’il semblerait qu’ils «n’étaient pas à proximité». 

Les autorités espagnoles se préparent à accueillir plus de 140 passagers et membres d’équipage asymptomatiques qui se sont isolés à bord du navire. Le bateau doit accoster cette fin de semaine au port de Granadilla, dans le sud de l’île de Tenerife, sur l’archipel des Canaries. «Ils arriveront dans une zone totalement isolée et bouclée», a précisé jeudi Virginia Barcones, directrice des services d’urgence espagnols.

Les États-Unis ont accepté d’envoyer un avion aux Canaries pour rapatrier leurs 17 citoyens bloqués sur le navire, a précisé Mme Barcones. Le gouvernement britannique a également annoncé l’affrètement d’un avion pour évacuer la vingtaine de ressortissants britanniques présents à bord. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré jeudi avoir reçu des informations faisant état de huit cas, dont trois décès, liés à l’éclosion sur le MV Hondius.

Le virus des Andes, transmis par les rongeurs, est le seul hantavirus connu pour être capable d’une transmission limitée entre humains. Aucun des passagers ou membres d’équipage restants à bord du navire ne présente actuellement de symptômes, a indiqué jeudi la compagnie de croisières Oceanwide Expeditions, établie aux Pays-Bas.

Les autorités sanitaires de quatre continents poursuivent leurs efforts pour retrouver et surveiller les passagers qui ont débarqué du navire avant que l’éclosion ne soit détectée. Elles tentent également de retrouver les personnes qui auraient pu être en contact avec eux depuis. 

Le 24 avril, près de deux semaines après le décès du premier passager à bord, plus d’une vingtaine de personnes originaires d’au moins douze pays différents ont quitté le navire sans qu’aucun contact n’ait été établi, ont révélé jeudi l’exploitant du navire et les autorités néerlandaises.

Ce n’est que le 2 mai que les autorités sanitaires ont confirmé la présence du hantavirus chez un passager du navire, a indiqué l’OMS. Selon l’OMS, il n’est pas impossible que d’autres cas soient rapportés dans les prochaines semaines, mais les hantavirus ne se transmettent pas facilement d’une personne à l’autre. L’éclosion ne devrait donc pas se transformer en pandémie.