Un dernier tour de micro pour Alain Faucher
Alain Faucher. Photo courtoisie Le journaliste d’Arsenal Media, Alain Faucher, a mis un terme à sa carrière radiophonique au fil des derniers mois, après près d’une quarantaine d’années consacrées à divertir et informer la population locale sur les événements qui marquent la vie de Thetford Mines. C’est pour des raisons de santé que M. Faucher doit quitter le métier, mais ce dernier a accepté de partager son parcours médiatique, qu’il a affectionné pendant tout près de quatre décennies.
L’homme de 61 ans a toujours eu l’animation et le journalisme dans le sang. En plus d’être un homme de communication efficace, il a entrepris une carrière où il s’est dévoué d’abord pour les gens de la région qui l’a vu grandir.
Après une formation au collège CART de Québec, Alain Faucher a débuté à la radio AM en 1988. On l’entend alors chez Radio Beauce avant son arrivée au réseau radio des Appalaches, à Thetford Mines, quelque temps après, soit à CKLD 1330, devenu VIVA 105,5.
Ses premières assignations auront été la nuit, les fins de semaine. La radio locale était en ondes 24 h, 7 jours. Il faisait jouer des 45 tours, présentait les chansons, trouvait des sujets pour rendre le contenu toujours plus intéressant et pertinent.
« On était DJ, on répondait au téléphone, on enregistrait les publicités sur les cartouches, il n’y avait rien d’informatisé. On travaillait, c’était l’enfer », se souvient-il. Ce natif de East-Broughton a commencé dans le métier à cette époque où, pour poursuivre dans le monde de radiophonique, il fallait conjuguer à la fois l’animation, la publicité et le monde des nouvelles : « Il fallait être polyvalent assez rapidement. Si tu veux travailler, sois polyvalent. J’ai appris à faire du journalisme, j’ai appris à faire du reportage en direct, à faire des textes de pub. »
Plus tard, il entreprend un Baccalauréat en communication à l’Université Laval, qui lui permet de parfaire encore davantage ses connaissances en journalisme. C’est d’ailleurs ce métier qu’il pratiquera la majeure partie de sa carrière, lui qui est aussi à l’aise dans les faits divers qu’en politique et dans le sport.
Un de ses faits d’armes aura été l’animation de l’émission Samedi de fêter, à CKLD, dans les années 1990, le samedi après-midi. Quel plaisir il retient de cette émission à caractère festif, diffusée à Thetford Mines, Victoriaville, Asbestos et Lac-Mégantic. « Pendant 10 ans, j’animais le samedi après-midi. C’était une émission country avec des demandes spéciales en direct. Les gens appelaient, je prenais en note ce qu’ils voulaient, ils souhaitaient bonne fête. C’était très populaire. Mon patron à l’époque, Robert Daneau, me disait que ça allait chercher 60 000 auditeurs. »
Alain Faucher a aussi assuré la description des matchs de hockey, à la radio, des Coyotes, puis du Pro Lab de Thetford pendant 6 ans. Il prenait son rôle très au sérieux. « J’ai dit des choses que je n’aurais pas dû dire, mais en tout cas, il est trop tard », rigole-t-il.
Au début des années 2000, il a également pris la barre de l’émission du matin à la radio thetfordoise, où il livrait l’actualité à travers les nouvelles locales et des entrevues.
Il a toujours voulu travailler dans les médias : « À 14 ans, je savais déjà ce que je voulais faire dans la vie. Je m’assoyais à côté de ma grande sœur, dans le salon chez mes parents et j’écoutais la radio avec elle. Je me disais, oui, c’est ça que je veux faire ». Jusqu’à il y a quelques années, il a animé l’émission du retour à Thetford Mines.
Avec son monde
Pour un homme sociable comme Alain Faucher, c’est naturel d’aller vers les gens et de se rendre sur les lieux des événements au moment où ils se produisent : « On avait de la compétition dans d’autres médias. Si on veut être à leur niveau, même se démarquer, si on reste dans le studio, on va être deuxième, puis troisième. Alors je sortais, aussitôt que je pouvais. Des conférences de presse, j’en manquais pas une ». Les soirs d’élections, il s’assurait de recueillir tous les commentaires des candidats afin que ce soit en ondes à la première heure, le lendemain.
Il était établi que si on voulait savoir ce qui se passait à Thetford, on n’avait qu’à écouter la radio, surtout en cette époque où les réseaux sociaux n’existaient pas.
Il a apprécié couvrir le sport, mais aussi la politique. Cet élément a d’ailleurs placé une parenthèse dans sa carrière médiatique alors qu’il est devenu attaché politique pour l’ancien ministre et député Laurent Lessard, de 2007 à 2012. Après la défaite des libéraux en 2012 aux mains du Parti québécois de Pauline Marois, M. Faucher revient à ses premières amours. Chassez le naturel et il reviendra rapidement au galop.
À travers les entrevues, les exclusivités, il retient aussi des rencontres avec des personnalités marquantes, dont Jean Chrétien et Paul Martin, deux anciens premiers ministres du Canada.
La SLA
Puis, il y a plusieurs mois, le journaliste développe certaines difficultés à livrer ses bulletins de nouvelles. Chaque fois qu’il parle, il devient essoufflé. Il a donc dû, à contrecœur, fermer son micro. Il a rencontré plusieurs spécialistes afin d’y voir plus clair et de comprendre ce qui lui arrive.
Alain Faucher a expliqué qu’il existe la SLA spinale, la forme la plus connue de la maladie. Celle qu’il a contractée est la SLA bulbaire, qui s’en prend au système respiratoire. 1 % des cas de SLA sont de cette forme.
« Il y a 500 personnes au Québec qui ont la SLA. 1 %, c’est 5 personnes », détaille-t-il.
« La SLA diminue l’espérance de vie entre 2 et 5 ans à partir du début des symptômes », signale-t-il. M. Faucher va maintenant profiter de la vie, et surtout du moment présent, avec sa conjointe et ses trois filles.
Une communauté reconnaissante
On apprenait récemment que l’équipe de baseball de l’Unicanvas de Thetford allait remettre le prix Trophée Nadeau-Faucher à un joueur qui s’est distingué à la fois par la qualité de ses performances sur le terrain et par l’excellence de ses qualités humaines. Le trophée porte les noms de Pierre Nadeau et d’Alain Faucher, deux journalistes profondément liés à l’équipe.
Puis, tout récemment, la municipalité de Sacré-Cœur-de-Jésus a dévoilé une plaque permanente qui sera aménagée à son Sentier des Mineurs. L’hommage est en guise d’appréciation pour les 12 années qu’Alain Faucher a consacrées à ce sentier, à titre de conseiller municipal.
Ce mardi, ses collègues et amis d’Arsenal Média lui ont permis de faire un dernier tour de micro avec une émission spéciale à VIVA 105,5, qui lui a été consacrée à On part ça d’même avec Jason Caron. Différents témoignages et anecdotes ont été entendus à travers des moments touchants, mais aussi quelques bons fous rires.
Comme quoi tout le milieu thetfordois ne manque pas de lui témoigner son affection et son estime, pour la contribution majeure qu’il a apportée à sa communauté.

