Thetford Mines planche sur le développement du parc industriel Henri Therrien

Boris Chassagne | 15 octobre 2026 | 11:29
(Photo: Ville de Thetford Mines)

La Ville de Thetford Mines planche sur le développement d’un nouveau parc industriel dans le secteur du parc Henri-Therrien. La Ville qui anticipe ses futurs besoins de croissance industrielle, et qui souhaite répondre aux nouvelles attentes des entreprises, des investisseurs et de la main-d’œuvre.

Des analyses préliminaires évoquent un potentiel de développement construit d’environ six millions de pieds carrés sur ce terrain essentiellement constitué de forêts et de milieux humides. Développés par phases, ces terrains seraient desservis par plus de trois kilomètres de nouvelles rues. L’élaboration d’un plan directeur a été confiée à la firme Rousseau Lefebvre. Un mandat similaire a été confié à cette même firme en vue du redéveloppement d’un nouveau milieu de vie résidentiel sur les 400 000 pieds carrés de terrains que possède la Ville dans le secteur du parc Robertsonville.

« La compétition pour attirer une entreprise ne se joue plus uniquement sur le prix d’un terrain. Elle repose aussi sur notre capacité à offrir un site prêt à développer des infrastructures efficaces et un milieu de qualité capable d’attirer la main-d’œuvre. C’est dans cette optique que nous voulons planifier l’avenir du parc Henri-Therrien », commente Yves Bergeron, président d’ID Thetford.

Un futur écoparc industriel ?

Quelle proportion des surfaces boisées sera préservée ? Comment protéger les milieux humides ? Réduire les ilots de chaleur alimentés par les toitures et les stationnements. Ces réponses et solutions devront être fournies vers le printemps 2027, par la firme retenue pour évaluer le développement des six millions de pieds carrés de ce terrain.

La Ville qui projette de développer un premier million de pieds carrés dans sa première phase. On ne projette cependant pas d’y intégrer un sensemble résidentiel. Il n’est pas exclu d’y offrir un certain nombre de services, comme des garderies ou de la restauration par exemple.

Préserver les milieux humides

« C’est un milieu naturel avec des milieux humides quand même en grande quantité. Donc, c’est pour ça qu’on s’est dit que ce serait vraiment un bon exercice d’aller vers un écoparc, où tout le milieu naturel n’est plus un enjeu, mais devient une opportunité, une valeur ajoutée. Les parcs industriels sont vraiment vus comme des milieux de vie, autant pour les entreprises, que les employés », de dire Cindy Allaire, responsable des projets spéciaux à la Ville de Thetford Mines.

« C’est vraiment dans cette optique-là qu’on a demandé à Rousseau Lefebvre de nous faire notre plan biophilique pour le nouveau parc industriel. On pense à des rues un peu plus sinueuses, qui mettent en valeur le milieu naturel, et on déboise le moins possible. Même les terrains ne sont pas pensés de façon nécessairement rectangulaire ou carrée. On y va vraiment avec des terrains qui vont être réfléchis en fonction du territoire naturel », soutient Mme Allaire.

Mais de conserver un maximum d’espaces verts est-il vraiment viable quand la Ville affirme manquer de terrains industriels ? « Tout est réfléchi vraiment pour maximiser les espaces verts, mais aussi réduire les coûts en infrastructures. Je ne peux pas vous donner de pourcentage, mais c’est certain qu’il va y avoir un plus haut pourcentage que ce qu’on a actuellement au niveau de nos parcs. C’est à ça que va servir l’étude », nous dit Mme Allaire.

Dans un monde idéal, la ville de Thetford Mines souhaite que ce projet laisse sa marque, serve d’exemple de développement. « On a vraiment un site particulier, on a vraiment beaucoup de milieux humides, on a même un lac sur le terrain. On n’est pas les premiers à faire un écoparc, mais assurément qu’il va être innovant de par sa nature actuelle, avec ses cours d’eau et ses milieux humides en assez grande quantité. Si on peut se démarquer, c’est sûr qu’on va le faire », assure Mme Allaire. « Les entreprises à qui on parle sont très ouvertes à ce type de projets ».

Réduire la surface occupée par les stationnements sera une priorité. « Dans un plan directeur biophilique, c’est sûr que les espaces de stationnement, sont pensés pour être minimisés ou du moins être boisés. »

Rassurer les amoureux de la nature, environnementalistes et les habitués du parc

On se doute bien que les citoyens qui ont pris l’habitude de marcher dans cette forêt, ce parc, seront déçus par la nouvelle, eux verront poindre à l’horizon, de grandes surfaces déboisées à tout jamais. « Ce secteur-là est déjà zoné industriel, c’est déjà un espace qui n’est pas habité, c’est un territoire aussi qui appartient à la ville. Pour ceux qui sont inquiets, je les rassurerai en disant qu’on va avoir la création des corridors verts et de corridors bleus à travers cet aménagement-là ». Le réseau cyclable y serait relié. « C’est vraiment un espace de vie qu’on va développer, mais avec des industries qui vont s’y implanter. »

Une étude de caractérisation écologique a déjà été effectuée pour identifier les milieux humides de ce terrain. La firme doit venir marcher sur le terrain, voir comment il est possible de les mettre en valeur.

La Ville qui tire tous azimuts en faveur de son développement, qu’il soit résidentiel, commercial ou industriel. Les demandes lui arrivent autant de la région que de l’extérieur des frontières, précise Cindy Allaire. Thetford Mines qui planche aussi sur d’autres projets dans le secteur de Black Lake cette fois. « On a une belle attractivité, autant au niveau commercial qu’industriel, avec la population qui augmente, on a des nouveaux arrivants aussi qui viennent d’un peu partout au Québec et qui souhaitent venir s’établir en région. Donc c’est un boom à tous les niveaux » de conclure, Mme Allaire.