Troisième lien : Drainville reproche à Fréchette ses hésitations sur le projet

La Presse Canadienne | 4 février 2026 | 15:08
Le député Bernard Drainville lance sa campagne à la direction de la CAQ à Lévis, au Québec, le dimanche 1er février 2026. (Photo: LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot)

Le troisième lien s’invite dans la course à la chefferie caquiste. Bernard Drainville reproche à sa rivale Christine Fréchette d’être « incapable de prendre une position en faveur du projet ». En parallèle, des députés caquistes pressent le ministre des Transports, Jonatan Julien, d’aller de l’avant avec le lien entre Québec et Lévis. 

« Être à la CAQ, c’est être pour le troisième lien », a lancé Bernard Drainville en mêlée de presse mercredi à la sortie du Salon rouge. « Ce n’est pas comme si le troisième lien était une surprise dans cette campagne. Ces tergiversations nuisent à la crédibilité du projet, nuisent à la crédibilité du gouvernement et nuisent à la crédibilité du parti », a-t-il ajouté. 

Le député de Lévis est un ardent défenseur du troisième lien. Or, Christine Fréchette s’est montrée plus tiède sur le projet, indiquant qu’elle voulait consulter davantage avant de prendre position. « Je continue mes discussions avec des acteurs économiques et politiques et je vais faire en sorte de vous présenter ma position dans quelques jours », a-t-elle fait valoir mercredi. 

« L’indécision est la pire des décisions », a répliqué Bernard Drainville. Interpellé sur le sujet, le premier ministre François Legault a tranché : « On est tous pour le troisième lien, incluant les deux candidats. »

Confusion

Mardi, en entrevue au quotidien « Le Soleil », Jonatan Julien a affirmé : « Si le projet n’est pas consensuel, comment je peux demander à des consortiums sérieux de travailler là-dessus ? (…) Le marché, là, il va dire, “hey, quand vous serez décidés, vous me le direz”. »Mercredi, en mêlée de presse à l’Assemblée nationale, le ministre des Transports s’est montré beaucoup plus sibyllin. « Le dossier du lien interrives chemine. Il n’est pas arrêté. Il n’est pas sur pause. (…) Pour aller au marché, ça prend certaines conditions », a-t-il dit, sans préciser en quoi consistaient lesdites conditions. 

Plusieurs députés caquistes sont ensuite intervenus pour mettre la pression sur le ministre des Transports. « Ça fait maintenant sept ans qu’on analyse, qu’on étudie, qu’on consulte. Je pense que ce serait irresponsable de le retarder », a lancé la députée de Bellechasse, Stéphanie Lachance, en mêlée de presse mercredi. « On a joué dans le mauvais film de la tergiversation. C’est terminé », a tranché la députée de Charlevoix–Côte-de-Beaupré, Kariane Bourassa. Son collègue, le ministre délégué à l’Économie, Samuel Poulin, a soutenu que « tout le monde savait, en entrant dans la Coalition, que le troisième lien allait se réaliser ». 

« On va aller de l’avant. Il est hors de question qu’on recule sur ce point-là », a pour sa part affirmé la ministre et députée des Chutes-de-la-Chaudière, Martine Biron. Le député de Beauce-Nord, Luc Provençal, s’est montré plus nuancé par rapport à la position de son collègue Jonatan Julien. « On est à une étape où on a une course à la chefferie, ce qui amène à une pause obligatoire. Il y a un des candidats qui s’est prononcé très positivement, l’autre candidate a décidé qu’elle avait besoin d’une réflexion », a-t-il expliqué. 

Le gouvernement évalue que son projet de pont-tunnel pourrait coûter entre 7 et 11 milliards $.

Tergiversations 

Rappelons que le gouvernement caquiste a grandement tergiversé sur le projet de troisième lien entre Québec et Lévis. En 2019, il propose un tunnel à l’est qui passerait sous l’île d’Orléans. Puis, le gouvernement change d’idée, et évoque un tracé un peu plus à l’ouest qui relierait les deux centres-villes. En avril 2023, la ministre des Transports d’alors, Geneviève Guilbault, annonce que son gouvernement abandonne le projet d’un lien autoroutier entre Québec et Lévis. Elle proposera plutôt un tunnel dédié au transport en commun. Puis, en octobre 2023, moins de 24 heures après sa cuisante défaite dans Jean-Talon face au Parti québécois, le premier ministre François Legault prend tout le monde par surprise en annonçant qu’il veut consulter la population de Québec au sujet du troisième lien et que toutes les options sont sur la table. 

Le projet est finalement ressuscité en juin 2024. Un an plus tard, Geneviève Guilbault annonce un nouveau corridor plus à l’ouest, donc plus près des deux ponts actuels.