Le Guide d’intervention en matière de sols contaminés par l’amiante, élaboré sans consulter Thetford Mines

Boris Chassagne | 18 février 2026 | 13:59
(Photo: MRC des Appalaches)

Le gouvernement du Québec n’aurait pas consulté l’administration de la ville de Thetford Mines avant d’annoncer, hier, la modification de son Guide d’intervention de sols contaminés par l’amiante.

Le maire de la ville de Thetford Mines, Marc-Alexandre Brousseau, affirme avoir été mis au fait de cette annonce, le jour où elle est sortie. Le maire « peut reconnaitre de bonnes intentions (derrière les allègements proposés), mais le diable est dans les détails », dit-il. « On s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup de choses à améliorer dans ce qui était annoncé. On est en train d’analyser. Les gens du Service des Travaux publics, génie et environnement à la Ville n’étaient même pas au courant que c’était annoncé hier. On va essayer de creuser pour voir ce qu’il y a de bon pour nous dans ça », de dire M. Brousseau qui a assisté à une présentation organisée par le gouvernement, devant les membres de la Table de concertation sur l’amiante. Une trentaine de personnes étaient présentes.

Il pourrait y avoir du bon dans cette annonce, en ce qui a trait à la réfection des routes, concède M. Brousseau. Mais, « tout est contaminé chez nous, aux yeux du ministre de l’Environnement du Québec. Un sol est réputé contaminé, aussitôt qu’il y a une seule fibre d’amiante. Encore hier, le fonctionnaire qui faisait sa présentation n’a clairement pas compris ce qui se passait chez nous, malgré que c’est lui qui a écrit le règlement », se désole M. Brousseau. « Là, tout ce qu’on excave, on doit l’envoyer à un site d’enfouissement autorisé ». Le maire aimerait bien que ça change. Mais les modifications qui seraient apportées au règlement, plus tard en 2026, n’y changeraient pour l’heure pas grand chose.

Alors, comment aller plus loin dans la manipulation des sols contaminés, sans mettre à risque la santé des travailleurs et de la population ? Marc-Alexandre Brousseau explique « qu’il n’y avait déjà pas de risques pour la santé. C’est un problème qui a été inventé par certains fonctionnaires. La première question qu’il faut se poser c’est, est-ce qu’il y a un risque, un problème ? Après on verra comment on le gère ». Le maire se dit convaincu de pouvoir manipuler des sols contenant de l’amiante de manière sécuritaire et de les enfouir ensuite à l’endroit même où on les a excavés. « C’est vrai pour les routes, pour tous les terrassements, les projets de construction qui nécessitent du génie civil », ajoute-t-il.

Un canal de communication est ouvert

Le maire croit qu’un canal de communication est au moins maintenant ouvert avec les fonctionnaires de Québec et « qu’enfin on va être appelés à discuter autour d’une table avec des gens qui sont censés réfléchir à ce règlement-là. Ce qu’on souhaite, c’est qu’il y ait une base scientifique à la prise de décision. Il y a des gens qui travaillent ce dossier, qui n’ont jamais mis les pieds ici et qui n’ont jamais vu d’amiante de leur vie. »

Rappelons que le Guide d’intervention — Protection des sols et réhabilitation des terrains contaminés, qui rassemble l’information et les orientations sur l’encadrement légal et réglementaire des terrains contaminés au Québec, et dont la dernière mouture date de 2021, « sera mis à jour pour intégrer de nouvelles dispositions concernant la gestion des sols contenant de l’amiante en offrant plus de flexibilité, sans faire de compromis sur la sécurité », affirme Québec. Ce Guide de réhabilitation intègre de nouvelles dispositions sur la gestion des sols contaminés. Le ministère de l’Environnement affirme que ces mesures vont offrir plus de flexibilité, sans faire de compromis sur la sécurité . Les sols pourront notamment être utilisés sur un autre terrain contenant déjà de l’amiante, plutôt que d’être enfouis. Les nouvelles orientations de Québec assurent « qu’une réutilisation sécuritaire de ces sols sur le terrain d’origine est possible dans certaines circonstances et lorsque les conditions le permettent. »