Entente de 600 000 $ conclue entre l’Observatoire national de l’amiante et le ministère de l’Environnement du Québec

Boris Chassagne | 2 juin 2026 | 13:23
Lac d'Amiante, vue sud. (Photo: courtoisie GROBEC)

L’Observatoire national de l’amiante (ONA) recevra 600 000 $ sur trois ans du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs du Québec. Une partie de la somme versée de façon rétroactive, puis une enveloppe de 300 000 $ sera allouée pour l’année 2026-2027 et 150 000 $, pour 2027-2028.

L’ONA qui planche sur la réalisation de trois projets portant sur l’amiante et les résidus miniers amiantés (RMA). L’ONA affirme que ces trois projets « sont à la fois structurants et porteurs d’impacts significatifs ». L’Observatoire, qui cite à cet effet, un projet de sélection et d’évaluation des méthodes d’analyse et d’échantillonnage de l’amiante dans les sols. Il doit permettre de mettre au point une méthode d’analyse reconnue et adaptée au contexte québécois.

L’ONA compte aussi identifier des solutions de gestion sécuritaires des RMA, lesquelles seraient compatibles avec un futur cadre réglementaire, dans le but d’harmoniser les pratiques et les façons de faire selon les contextes d’exposition. Enfin, l’ONA compte évaluer l’efficacité des mesures actuelles d’atténuation des poussières d’amiante afin de réduire « la dispersion des fibres d’amiante lors de travaux extérieurs, dans un contexte d’activité de valorisation des résidus miniers amiantés, de restauration d’anciens sites miniers et de végétalisation » de ces derniers.

L’ONA qui va en quelque sorte, « recenser les meilleures pratiques pour mieux outiller le ministère de l’Environnement », et approfondir les travaux et les réflexions entourant la gestion des sols qui peuvent contenir de l’amiante. « On a la chance de collaborer avec plusieurs chercheurs, tant au niveau collégial, qu’universitaire », précise Louis Laferrière, le directeur général de l’Observatoire national de l’amiante. « Des avancées importantes ont été réalisées pour mieux valoriser les résidus miniers amiantés et renforcer la gestion de l’amiante au Québec. Il est essentiel de poursuivre ces efforts de façon responsable, afin de protéger l’environnement et la santé des Québécois », soutient quand à elle, la ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, nouvellement nommée, Pascale Déry.

Rappelons que l’ONA est administré par le Cégep de Thetford depuis 2022. Selon Robert Rousseau, directeur général sortant du Cégep de Thetford, « des projets de la sorte permettent de mieux comprendre les enjeux régionaux, d’orienter les politiques publiques et d’adapter les pratiques aux réalités de notre territoire. En favorisant la recherche et le développement de solutions concrètes, ces projets contribuent non seulement à une prise de décision éclairée, mais aussi au développement économique régional et au mieux-être des communautés. L’Observatoire ne mène pas de recherches, mais mobilise « les meilleurs experts, qu’on a ici au Québec et à l’international », rappelle Louis Laferrière, le directeur général de l’Observatoire national de l’amiante.

L’ONA qui a dans ses premiers jours « beaucoup été dans une dynamique de prévention en lien avec les différents projets qui touchent de près ou de loin les milieux amiantés. Connaissant les risques qui peuvent être liés à l’amiante, les autorités publiques étaient beaucoup dans une optique de prévention. Au lieu d’autoriser des projets, on était beaucoup plus en mode de prévention, d’autorisation du projet » ajoute M. Laferrière.

Mais les manières de faire et de comprendre changent avec le temps. « Dans les dernières années, il y a un échange et un rapprochement qui est fait pour, oui, avoir une certaine ouverture, dans la mesure où on est cependant capables d’avoir les meilleures données et les meilleures connaissances pour prendre les meilleures décisions ».

Le maire de Thetford Mines, Marc-Alexandre Brousseau et d’autres acteurs de la région, militent pour un allègement de la règlementation entourant la gestion des sols amiantés. Les études colligées par l’ONA vont-elles y contribuer ? « Ce qu’il faut savoir, c’est que présentement, dès qu’on identifie une seule fibre d’amiante, on considère que ces sols contiennent de l’amiante et que les seules mesures de gestion possibles présentement » est de disposer de ces sols. Une nouvelle définition de ce qu’est un sol amianté pourrait un jour être envisagée. « Mais il faut avoir l’assurance que les méthodes qui vont être utilisées pour déterminer si on est, par exemple, dans un sol qui va contenir 0,1 % d’amiante, 1 % ou plus de 1 %, sont suffisamment fiables », précise M. Laferrière. 

La force de l’Observatoire, assure Louis Laferrière, c’est qu’il tient à sa neutralité. « L’amiante est un dossier qui est très polarisant. On a vraiment un devoir de rester neutres à l’intérieur des décisions. On a des échanges très fréquents, autant avec les entreprises, le milieu, que les municipalités, ou la MRC, tant au niveau de la région de Thetford, mais également avec Val des Sources. Aussi, avec les autorités publiques, que ce soit le ministère de l’Environnement, ou les directions régionales de santé publique. On est vraiment là comme un acteur, je dirais, conciliateur pour vraiment s’assurer de bien comprendre les enjeux au niveau qui peuvent être vécus, tant au niveau du terrain que par les ministères, et s’assurer après ça qu’on va vraiment avoir des projets qui vont faire en sorte qu’on sera en mesure d’avancer et de dénouer certaines incompréhensions qui peuvent y avoir dans le dossier ».

La Table de concertation sur l’amiante permet justement de maintenir cet échange entre l’ensemble des acteurs. Qu’ils soient privés, publics, etc.  La prochaine rencontre est programmée pour le mois de juin. Il sera notamment question des nouvelles orientations du gouvernement sur la gestion des sols contenant de l’amiante.