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Forte opposition à la ligne Appalaches-Bas-St-Laurent d’Hydro-Québec
(Photo: illustration Depositphotos) De nombreux citoyens de Kinnear’s Mills ont rejeté en bloc le tracé de la ligne haute tension que leur a proposé Hydro-Québec. L’Axe Chaudière-Appalaches doit traverser les terrains de nombreux propriétaires de cette municipalité, mais aussi des érablières.

Dans une entrevue accordée à monthetford.com, le maire de Kinnear’s Mills, Carl Dubois, affirme avoir proposé à la société d’État d’enfouir les lignes dans certains secteurs, afin d’en réduire l’impact visuel et foncier. « Hydro-Québec leur promet d’accompagner les citoyens dans le processus ». Le porte-parole d’Hydro-Québec, Pascal Poinlane, affirme, que d’enfouir les lignes est non seulement jusqu’à dix fois plus onéreux, mais techniquement désavantageux pour Hydro. « L’enfouissement des lignes de transport à haute tension, Hydro en fait très peu. Lorsqu’elle est enfouie, elle voit sa capacité de transport réduite et, plus elle est enfouie sur une longue distance, plus elle perd de sa puissance. Ça s’appelle la puissance réactive. On le fait en présence d’un obstacle incontournable. Par exemple un aéroport » de dire M. Poinlane. Hydro le ferait-elle sur une partie du tracé présenté à Kinnear’s Mills ? M. Poinlane répond non. « On est en discussions depuis près d’un an avec Kinnear’s Mills. Il y a des variantes de tracé. On a besoin de l’aide de la population pour voir quelle variante leur convient le mieux. Est-ce qu’il y a des éléments de sensibilité qu’on n’a pas captés et dont ils voudraient qu’on tienne compte ? », Pascal Poinlane se montre ouvert.
Les tracés actuels seraient ceux de moindre impact affirme la société d’État. La responsabilité d’Hydro se limite à ça. C’est cette preuve qu’elle doit faire. D’essayer. « On peut optimiser les tracés ».
Hydro-Québec a aussi rencontré, hier, les citoyens de Saint-Pierre-de-Broughton. Près de 70 personnes se sont présentées à la séance de consultation publique. Des rencontres individuelles avec les citoyens les plus concernés ont aussi été tenues, dans les jours qui ont précédé la consultation, nous apprend le maire, Alexandre Dubuc.
Les résistances semblaient plus ténues lors de cette consultation, moins évidentes, virulentes. « Plusieurs citoyens étaient curieux de savoir si ces lignes allaient briser le paysage. On a une belle municipalité montagneuse où le décor est beau. De ce que j’ai vu hier, somme toute, ça a été de belles portes ouvertes, il n’y a pas eu de débordements », ajoute le maire Dubuc.

Est-ce que le conseil de Saint-Pierre-de-Broughton va donner son feu vert au projet de tracé pour autant ? « Si on avait le choix, on dirait, ne passez pas chez nous ! Mais, on sait que c’est quasi impossible. On va se pencher sur le sujet et recommander le meilleur tracé, celui qui impacte le moins de gens, de terres possible. Le reste va appartenir à Hydro ».
Le maire a-t-il l’impression qu’Hydro est à l’écoute ou que c’est un exercice de parure ? « De ce que je vois, il y a une bonne écoute. Ils prennent la peine de déplacer des gens, des professionnels. Est-ce que les avis seront pris en considération ? On va le voir dans le futur. Notre municipalité est composée de beaucoup de producteurs agricoles et acéricoles. C’est le cœur de notre municipalité. C’est important pour nous qu’Hydro-Québec fasse le bon choix », de conclure le maire Dubuc.
Pascal Poinlane affirme qu’Hydro « a placé tous les éléments de sensibilité sur la carte. On est tout à fait ouverts à prendre en compte tous les commentaires qui pourraient nous permettre d’ajuster les tracés, même si on a fait un travail rigoureux », assure M. Poinlane. Une autre ronde de consultation est-elle envisagée ? « Ce n’est pas dans les cartons ». Mais, les discussions se poursuivent, précise M. Poinlane.