La rivière Bécancour se dégrade et l’APLTI dénonce l’immobilisme du gouvernement et des décideurs régionaux
Alors que le développement économique est au cœur des discussions régionales, l’Association de protection du lac à la Truite d’Irlande (APLTI) rappelle que la restauration de la rivière Bécancour constitue un enjeu tout aussi stratégique pour l’avenir de notre territoire. (Photo: APLTI)
L’Association de protection du lac à la Truite d’Irlande (APLTI) demande à ce que la dépollution de la rivière Bécancour devienne une priorité politique, au même titre que le développement économique de la région de Thetford.
Selon l’APLTI, la rivière doit être protégée au moment où la région de Thetford multiplie les initiatives pour stimuler son développement économique. L’Association note que l’état de la rivière Bécancour et du lac à la Truite d’Irlande est préoccupant et demande au gouvernement du Québec et aux décideurs régionaux de faire de la restauration de la rivière Bécancour un dossier prioritaire.
L’Association de protection du lac à la Truite d’Irlande s’indigne d’ailleurs du fait que ses nombreux appels lancés au cours des dernières années soient restés lettre morte. « Les principaux échéanciers gouvernementaux pour corriger la situation s’échelonnent encore sur plusieurs décennies. Le ministère de l’Environnement a accepté un plan de mise aux normes des eaux usées de la Ville de Thetford dont l’échéancier s’étend jusqu’en 2050. Parallèlement, la fin du projet Fleur de Lys et l’ennoiement du lac d’Amiante ne sont prévus qu’en 2034 », souligne l’APLTI, pour qui « ces délais sont incompatibles avec l’urgence environnementale observée sur le terrain. En une décennie, le lac à la Truite d’Irlande a perdu près de 30 centimètres de profondeur en raison de l’accumulation de sédiments miniers. »
L’APLTI qui rappelle qu’un inventaire ichtyologique du lac, réalisé en octobre 2023, devait être rendu public à l’automne 2024. Or, les résultats n’ont toujours pas été diffusés. « Depuis plus de dix ans, nous documentons la situation et proposons des solutions. Pendant que les échéanciers s’étirent, la dégradation du lac et de la rivière se poursuit. Il est temps que la protection de l’eau devienne une priorité régionale à part entière », souligne Cynthia Brisson, présidente de l’APLTI.
« Les enjeux environnementaux ne doivent pas être perçus comme un frein au développement, mais comme une condition essentielle à sa réussite. La santé de la rivière Bécancour fait partie intégrante de l’avenir de notre région », conclut Mme Brisson.
L’association appelle à la création d’une table de concertation réunissant les ministères, les MRC, les organismes de bassin versant, les municipalités et l’APLTI et à ce que le gouvernement s’engage à accélérer les mesures de réduction et de captage des sédiments miniers.