Québec dévoile son plan pour la gestion des ressources énergétiques
Le ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, Bernard Drainville, répond à l'opposition lors de la période des questions à l'Assemblée nationale du Québec, le mardi 26 mai 2026. (Photo: LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot) Le gouvernement Fréchette et Hydro-Québec veulent faire passer à 77 % la consommation d’énergie renouvelable produite au Québec d’ici 2050, comparativement à 48 % actuellement, l’autre 52 % provenant des énergies fossiles.
Le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Bernard Drainville, était à l’Institut de recherche d’Hydro-Québec à Varennes en Montérégie, mardi, en compagnie notamment de la présidente-directrice générale de la société d’État, Claudine Bouchard, pour présenter le Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques (PGIRE) 2026-2050.
« En 2050, avec ce PGIRE, si on suit le plan de match, on se retrouve avec un mix énergétique qui est constitué à 77 % d’énergie renouvelable et on passe de 52 % à 23 % pour les énergies fossiles. On passe grosso modo d’un ratio 50-50 à un ratio 75-25 en faveur des énergies renouvelables. Juste ces chiffres-là, ça dit beaucoup sur l’ambition que comporte ce plan de match, ce plan énergétique 2026-2050 », a fait valoir M. Drainville.
Ce Plan prévoit des investissements de 87 milliards $ d’ici 2050 qui viennent s’ajouter aux 200 milliards $ déjà annoncés dans le Plan 2035 d’Hydro-Québec, quoiqu’une petite portion — dont personne n’était en mesure de donner le montant exact — chevauche le 200 milliards $ du Plan 2035.
Mixité énergétique
Dans le détail, ces 77 % d’énergie renouvelable proviendront surtout de l’hydroélectricité, avec des mises à jour des centrales existantes, mais aussi de l’éolien, du solaire et des bioénergies – résidus forestiers, copeaux de bois des scieries, résidus agricoles et éthanol, notamment. Dans le cas des bioénergies, la part de production d’énergie passera de 7 % à 14 %. Fait à noter, dans le cas du gaz naturel, on ne parle plus de gaz naturel renouvelable (GNR), mais bien de gaz de source renouvelable (GSR) puisque contrairement à l’électricité renouvelable produite par l’eau, le vent ou le soleil, le gaz naturel lui-même n’est pas renouvelable même lorsque sa source l’est.
« Notre portefeuille énergétique va rester diversifié, a déclaré M. Drainville. En d’autres mots, on va poursuivre le développement de l’hydraulique par la mise à niveau notamment des centrales. On investit beaucoup dans le développement de l’éolien, on accélère le développement du solaire, mais on investit aussi dans les bioénergies. »
Cela implique que la part de l’énergie fossile importée consommée au Québec chutera d’un peu plus de la moitié, à 23 %. « Ce que ça veut dire, c’est que parallèlement à la mise en place de ce PGIRE, on continue d’électrifier nos transports. Il y a une cohérence entre le PGIRE et l’objectif de décarboner l’économie québécoise et donc l’objectif de diminuer de 37,5 % les GES d’ici 2035 », a soutenu le ministre qui maintient l’espoir de voir le parc automobile québécois constitué à 80 % de voitures électriques ou hybrides d’ici 2035.
Nucléaire : non, mais…
Bernard Draiville a toutefois été clair : le mix énergétique ne comprendra pas de nucléaire, bien que le gouvernement refuse de verrouiller la porte à double tour. « On vit dans un monde en constante évolution, les technologies avancent et donc il faut rester attentif aux développements technologiques, mais il n’est pas question de réactiver la filière nucléaire au Québec. Ça ne fait pas partie du plan. »
Bien que le PGIRE prévoie d’augmenter de façon importante la production d’électricité, il prévoit également retirer d’ici 24 ans 50 TWh de la demande grâce à l’efficacité énergétique. Les programmes de soutien à l’installation de thermopompes en font partie, mais la société d’État reconnaît que le premier vecteur d’efficacité se trouve du côté des rénovations — isolation et fenêtres notamment — mais le document de 68 pages ne fait qu’effleurer la question sans proposer de mesures à cet effet pour l’instant.
De manière plus large, l’objectif de ce plan est d’assurer au Québec une sécurité énergétique « au sens qu’il faut continuer à investir dans la fiabilité et la résilience de notre réseau énergétique, continuer à donner aux Québécois l’énergie dont ils ont besoin, à les approvisionner en énergie. Mais sécurité énergétique aussi au sens de fondement de notre sécurité économique. La sécurité énergétique du Québec et des Québécois, c’est le fondement de notre sécurité économique », a fait valoir le ministre.
Le PGIRE sera soumis à une révision aux trois ans et à une mise à jour aux six ans.