La construction du chemin de fer Québec Central entre Lévis et Thetford Mines accuse trois ans de retard
(Archives Alain Faucher - Monthetford.com) (Avec la collaboration de Benjamin Aubert, mabeauce.com)
Le projet de réhabilitation du chemin de fer Québec Central est sur la voie d’être complété, mais avec un retard de trois ans sur ce qui avait au départ été prévu. Québec prévoit que la réhabilitation des quatre tronçons, dont celui entre Tring-Jonction et Thetford Mines sera complétée à l’été 2028.
L’hiver dernier, l’ancien ministre des Transports, Jonatan Julien, refusait de s’avancer sur l’échéancier de fin des travaux pour ce projet et préparait déjà le terrain face à un éventuel dépassement de coûts, en indiquant que son ministère avait identifié « certains enjeux » lors de la réalisation des tronçons 1 et 2. M. Julien avait aussi mentionné que les appels d’offres visant le tronçon 3 entre Vallée-Jonction et Tring-Jonction avaient été modifiés pour « clarifier certains éléments ».
Les élus et acteurs économiques de la région de Thetford tapaient du pied depuis des lustres pour que leurs récriminations soient entendues et pour que Québec se décide enfin à mettre de l’huile dans l’engrenage. Voilà que Québec annonce l’imminence d’un appel d’offres (sans en confirmer la date) en vue de la réalisation du dernier tronçon de ce tracé tant convoité par les industriels de la région.

Des retards causés par les règles entourant la gestion des sols contaminés
Rien pour impressionner le maire de Thetford Mines, Marc-Alexandre Brousseau, qui affirme que les règles provinciales entourant la gestion des sols amiantés sont responsables des retards et explosions de coûts liés à ce projet de chemin de fer. « Ce n’est surtout pas une surprise. Ce qui est extrêmement décevant c’est qu’on en soit rendus là. On comprend que c’est la gestion de l’amiante qui fait en sorte de causer tous ces délais et gaspillages de fonds publics épouvantables. On met des vies en danger en mettant un camion à la minute sur la route. C’est un scandale. Les règles sur l’amiante sont inadaptées et exagérées. C’est quatorze CLSC qu’on construit avec 200 M$. Là on ne sauve pas de vies, on met des gens en danger avec le camionnage, on produit des gaz à effet de serre et on brise des routes » de dire le maire Brousseau. Des entreprises comme KSM comptaient sur le chemin de fer en 2025, ajoute-t-il. M. Brousseau doute que ce chantier soit en effet complété en 2028.
« Il va falloir qu’on soit à un moment donné capables de marcher sur la peinture. Il y a des gens qui se sont peinturés dans le coin à dire qu’il fallait faire ça de même. Ils ont tort. J’espère qu’ils vont pouvoir piler sur leur orgueil et dire qu’ils se sont trompés. » Marc-Alexandre Brousseau
Le ministre québécois des Transports et de la Mobilité durable, Benoit Charette, qui affirme que « des appels d’offres seront lancés prochainement pour ce segment, entre Tring-Jonction et Thetford Mines ». Les travaux de voie seraient même lancés dès cet automne. Son ministère qui en profite au passage pour faire le point sur l’avancement de ce projet de transport ferroviaire de marchandises long de 109 km, entre Lévis et éventuellement, Thetford Mines.
« Les trains peuvent circuler entre Sainte-Marie et Vallée-Jonction (tronçon 2) depuis cet hiver, les travaux de voie ont repris entre Vallée-Jonction et Tring-Jonction (tronçon 3) au printemps 2026. Ceux-ci consistent principalement dans l’excavation des sols, la mise en place de ballast (gravier sous les rails), la pose de rails et de traverses et le nivellement de la voie ferrée. Il s’agit des dernières étapes concernant ce tronçon, qui devrait être mis en service à l’automne 2027 », précise Québec.
Des dépassements de coûts de 50 % et un retard de trois ans
La mise en service du dernier segment entre Tring-Jonction et Thetford Mines (tronçon 4) est désormais prévue pour l’été 2028, avec un retard de trois ans. Le gouvernement qui affirme discuter ponctuellement de ce projet avec les élus et les groupes d’intérêt de la région de la Chaudière-Appalaches. Le budget autorisé pour la réalisation des tronçons 3 et 4 est estimé à 640,7 M$. Les coûts estimés du projet s’élevaient au départ à 440 M$.
Isabelle Lecours, adjointe gouvernementale du ministre délégué aux Régions pour la Chaudière-Appalaches et députée de Lotbinière-Frontenac pour quelques mois encore, se réjouit néanmoins. « En lançant les appels d’offres pour la réhabilitation du chemin de fer Québec Central entre Tring-Jonction et Thetford Mines, on poursuit la réalisation d’un des plus importants projets économiques de la région. Je suis certaine qu’à terme, ce projet va créer des emplois de qualité, renforcer le réseau des transports et, ultimement, répondre aux besoins économiques grandissants des entreprises et des organisations de la Chaudière-Appalaches. »