Une femme immigrante et sa fille, victimes de violence conjugale, menacées d’expulsion

Boris Chassagne | 14 août 2026 | 14:17
Image fictive tirée d'une banque de photos, de Fatima et de sa fille. (Photo: Jhon David, Unsplash)

Une candidate à l’immigration arrivée avec sa fille au pays sous un permis de travail ouvert et victime de violence conjugale est, aujourd’hui, menacée d’expulsion. La dame que l’on nommera Fatima, qui a quitté et divorcé de son mari une fois au pays, aurait perdu son droit de travail et de résidence en raison du statut de son ex-mari arrivé lui sous un permis de travail fermé.

La cause de Mme Fatima, dont on tait l’origine et le nom pour des raisons de sécurité, a été portée à bout de bras par une foule de personnes dont le député de Mégantic, Luc Berthold. Ce dernier qui a fait de nombreuses représentations auprès de la ministre fédérale de l’Immigration Lena Metlege Diab en faveur de Mme Fatima. Les avocats qui défendent Mme Fatima ne savent plus à quel saint se vouer, tant les réponses reçues du fédéral semblent contradictoires.

Aujourd’hui, les maisons d’hébergement pour femmes et enfants victimes de violence conjugale du territoire Mégantic-L’Érable joignent leur voix à celles de toute une communauté, pour demander à la ministre Diab, d’utiliser son pouvoir discrétionnaire et offrir la résidence permanente à cette femme et à sa fille, sous un motif humanitaire et de compassion. Car Fatima et sa fille seront expulsées du pays si leur statut n’est pas rapidement régularisé. Les maisons d’hébergement disent avoir, avec les avocats responsables du dossier, évalué et épuisé tous leurs recours.

Mme Marie Therrien

« Elle est arrivée sous un permis de travail temporaire ouvert, lié au permis de travail fermé de son mari. Elle s’est réfugiée dans une maison d’hébergement, a trouvé un travail et a entamé des procédures pour divorcer. Tout le temps qu’elle a eu un permis, de 2024 à 2025, elle a travaillé à temps plein et elle a subvenu à 100% à ses besoins. Elle n’a demandé aucune aide financière, elle avait son propre logement, payait la scolarisation de sa fille, ses cours de francisation, ses cours de conduite, ses avocats, elle a tout payé par elle-même ». Mais elle a dû arrêter de travailler quand son permis de travail devait être renouvelé, nous dit Marie Therrien, porte-parole des maisons d’hébergement pour femmes et enfants victimes de violence conjugale du territoire Mégantic-L’Érable.

« Toutes ses demandes pour avoir un nouveau permis de travail, avoir une résidence permanente, avoir quoi que ce soit qui va lui permettre de vivre au pays, ont été refusées par Immigration Canada. Et les réponses qu’on reçoit sont très confuses et contradictoires, on ne sait plus quoi faire. Il y a eu neuf avocats et procureurs et treize organismes spécialisés en immigration impliqués dans le dossier, et tous ont fait de leur mieux. Et malgré ça, il n’y a rien qui fonctionne. Il n’y a personne qui nous donne la même réponse », relate Mme Therrien.

Car Fatima risque gros en étant expulsée s’inquiète-t-elle. « On s’attend à ce que l’ex-belle-famille se venge du fait qu’elle soit divorcée . Donc, on craint vraiment pour la sécurité. Je suis vraiment déprimée », de conclure la porte-parole des maisons d’hébergement pour femmes et enfants victimes de violence conjugale du territoire Mégantic-L’Érable.