Adstock irritée par les surcoûts des travaux routiers
(Photo: Municipalité d'Adstock) La Municipalité d’Adstock affirme ne plus vouloir assumer seule les surcoûts des travaux routiers engendrés par l’interminable ballet des poids lourds qui circulent dans la région, chargés de résidus amiantés.
Le maire d’Adstock, Pascal Binet, demande aux différents partis politiques et candidats aux élections provinciales de se positionner sur cette question, comme l’a récemment fait le maire de Thetford, Marc-Alexandre Brousseau.
Cet enjeu qui affecte directement plusieurs municipalités. « Les exigences entourant la gestion des matériaux excavés peuvent faire augmenter substantiellement le coût des travaux et, dans certains cas, compromettre leur réalisation », précise la municipalité. Et plus particulièrement pour celles qui sont « situées dans des secteurs où l’amiante est présent à l’état naturel dans les sols ou encore hérité de l’exploitation minière, cette réalité entraîne des conséquences financières considérables. »
Le maire d’Adstock, Pascal Binet, donne en exemple des chantiers qu’elle avait à son agenda l’année dernière. « Sur trois chantiers que nous avions prévus durant la dernière année, le conseil municipal a dû en reporter deux en raison de surcoûts devenus trop importants en raison de la présence d’amiante. Cette semaine, cette problématique nous frappe encore de plein fouet. Le conseil aura à se pencher rapidement sur différentes options en raison de dépenses supplémentaires de plus de 210 000 $ pour la réfection de la route du Mont-Adstock », de dire le maire Binet.
« Tant que le gouvernement provincial ne règlera pas le problème, cette situation se répétera. Certains projets nous coûtent de 25 % à 40 % plus cher simplement en raison des exigences gouvernementales liées à la gestion de ces matériaux. Et le problème ne disparaîtra pas, car on doit recharger nos chemins avec du gravier provenant de carrières de la région qui contiennent eux-mêmes naturellement de l’amiante. Et il réapparaîtra encore quand on remplacera le gravier lors de travaux qui nécessiteront de l’excavation. On se retrouve donc dans un cercle extrêmement coûteux, dont la facture revient ultimement aux citoyens des municipalités concernées. Il faut trouver une solution durable et pérenne. Il faut que cette folie s’arrête », poursuit le maire Pascal Binet.
Le maire Binet entre dans le détail. Il demande de la part des candidats qu’ils prennent des engagements visant à « reconnaître officiellement, les surcoûts assumés par les municipalités pour la gestion des sols et des résidus contenant de l’amiante lors de travaux d’infrastructures et de mettre en place un mécanisme de soutien ou de compensation financière pour les municipalités qui doivent assumer des coûts supplémentaires découlant des exigences gouvernementales. Aussi, de poursuivre l’adaptation du cadre réglementaire, lorsque les données scientifiques permettent une gestion sécuritaire et responsable des matériaux sur les chantiers. Enfin, de travailler directement avec les municipalités, les MRC et les acteurs régionaux afin que les règles mises en place tiennent compte des réalités propres aux territoires concernés. »