Changement de garde au CA du Festival Promutuel de la relève
Le 33e Festival Promutuel de la relève était la dernière du président sortant de l’événement, Charles Morin. Il quitte ses fonctions en octobre. Caroline Poulin lui succède à la tête du conseil d’administration du Festival. Nous nous sommes entretenus avec ces deux piliers du Festival pour faire le point.
Le Festival de la Relève est devenu plus qu’un festival musical, c’est un rassemblement familial, celui d’une communauté – Charles Morin
Charles Morin fonde en 2015 l’agence Monument. Son entreprise, basée à Lévis, a des antennes dans plusieurs villes du Québec. Charles Morin était au Festival depuis belle lurette. « Je suis rentré un peu un petit peu avant 2015 ». Quand on lui demande ce qu’il retient de toutes ces années, il répond que « le Festival de la Relève est devenu plus qu’un festival musical. C’est un rassemblement familial, celui d’une communauté. Je pense que c’est l’occasion pour les jeunes et les moins jeunes de se retrouver, et pour ceux qui sont à l’extérieur, de revenir. C’est là où on a énormément gagné, parce qu’on est là pour faire la promotion de la culture, mais ce rassemblement-là, cet esprit-là de communauté, je pense que c’était vraiment au centre de ce qu’on faisait. D’un point de vue local, c’est ce que j’ai retenu. »
On n’a pas le choix, pour assurer une certaine pérennité, d’arriver à un moment donné avec une portion payante pour assurer sa pérennité — Charles Morin

En tant qu’administrateur, Charles Morin a été témoin de la transformation de l’industrie du spectacle. « Quand j’ai commencé aux alentours de 2013, il y avait encore énormément d’événements qui étaient gratuits. Le ratio des financements qui arrivaient des paliers gouvernementaux, de différents partenaires, faisait assez de sens pour qu’on puisse garder les événements gratuits, maximiser leur accessibilité. Avec les années, ça a énormément changé. Comme beaucoup d’événements au Québec, on n’a pas le choix, pour assurer une certaine pérennité, d’arriver à un moment donné avec une portion payante. »
Il regrette ces temps-là où c’était gratuit, comme plusieurs des festivaliers d’ailleurs. « Comme organisation, on a pour mission de rendre la culture accessible et de la promouvoir. »
La difficulté réside aussi dans les critères d’admissibilité aux financements publics, qui sont très pointus, précise Charles Morin. « Pour qu’un festival soit financé, on a besoin d’apporter ce que le ministère du Tourisme considère comme du tourisme et de l’excursionnisme, des gens qui viennent de plus de 40 kilomètres et des gens qui vont coucher sur place ». Mais à Thetford, « on est un peu aux antipodes de ce que Baie-Saint-Paul va vivre avec toute l’offre de villégiature, que nous, on n’a pas. »

Réfléchir à la direction que veut prendre le Festival
Pour l’avenir, tout est ouvert. Le nouveau conseil d’administration et la direction de l’événement devront se demander s’ils veulent et peuvent transformer l’événement en produit de destination. « Je pense que c’est une question qu’il faut qu’on se pose localement. Ça peut être par les têtes d’affiche qu’elles soient nationales ou internationales. Il y a beaucoup de festivals qui vont diversifier leur offre, qui vont offrir d’autres expériences, à part la musique. On parle de toute l’expérience qui est culinaire, par exemple. Je pense qu’on va avoir à se poser cette question-là, à savoir si finalement on veut devenir ce genre de produit-là qui peut attirer des gens d’ailleurs. »
Charles Morin quitte quand même le cœur gros, mais serein. « C’est sûr que je quitte une famille, mais en même temps, je vais rester très proche ». Car Charles Morin a aussi pris les rênes du Festival de Lévis, il y a deux ans. Il a promis à l’équipe du Festival de la relève que les contacts qu’il allait y développer allaient en retour bénéficier à la région. C’est « une promesse que j’ai faite au festival », de conclure Charles Morin.

Caroline Poulin au cœur des grandes décisions de la région
Caroline Poulin, qui est aussi directrice des communications à la Ville de Thetford a accepté de relever le défi de la présidence du CA du Festival, mais non sans y réfléchir : « quand le comité est venu me voir pour me proposer la présidence, j’ai hésité un peu. C’est quand même un bon défi. Un gros mandat d’implication bénévole. Mais ce Festival est un événement qui me tient vraiment à cœur. Je me plais à dire que le Festival a la même mission que celle que j’ai à la ville, soit de faire rayonner la région, de parler de notre belle ville. Je sais que j’ai derrière moi une équipe qui est très, très active et qui va pouvoir nous soutenir dans ce gros défi-là. Mais, quand je parle d’équipe, je parle aussi évidemment de Vincent Vachon, le directeur général du Festival. »
Vincent fait vraiment un travail extraordinaire, précise Caroline Poulin. « Pour toutes ces belles raisons-là, ça m’a fait plaisir d’accepter la présidence. »
Changement de garde, changement de direction ?
Savoir se renouveler est un défi constant pour tous les festivals et grands événements. « C’est plus tellement simple d’organiser un festival. Ça prend beaucoup d’argent. Ça demande beaucoup d’implication de la part de beaucoup de gens. On est chanceux parce qu’on a eu 105 partenaires cette année avec nous », se félicite Mme Poulin heureuse de travailler avec les huit autres membres du CA et la direction générale pour définir ce que sera cet événement dans le futur. « On est quand même un comité très actif sur le terrain. On n’est pas un CA qui fait uniquement prendre les grandes décisions », de dire Mme Poulin.
On est tout le temps en train d’essayer de voir comment on peut améliorer les choses — Caroline Poulin
Les choses sont-elles susceptibles de changer dès la prochaine édition, par exemple ? « C’est sûr que pendant les éditions du festival, on se prend tout le temps des notes. On est tout le temps en train d’essayer de voir comment on peut améliorer les choses. C’est sûr qu’on va porter quelques petites modifications. Est-ce qu’il faudrait revoir la façon de monter les horaires pour que les gens soient vraiment orientés vers la scène principale quand c’est le temps des spectacles sur cette scène-là ? Peut-être. C’est sûr qu’on se questionne toujours sur l’orientation. C’est sûr qu’il y a beaucoup de gens qui appréciaient quand c’était gratuit le festival. Mais en 2026, ce n’est juste pas possible de faire un festival gratuit et d’attirer des artistes que les gens veulent voir, et qu’ils aiment. »
Reste que le festival avait ses moments forts cette année et pour Caroline Poulin, la soirée de clôture de cette 33e édition lui est restée en mémoire. « Samedi, c’était magique. C’était vraiment la soirée idéale. Le site était plein, les gens étaient contents. C’est sûr qu’on avait la météo sur notre côté cette année. On était vraiment choyés par la nature », de conclure, la nouvelle présidente du CA du festival, Caroline Poulin.