Ottawa investit 4,7 G$ pour fabriquer 300 wagons VIA Rail : deux usines québécoises mises à contribution
(Photo: illustration de Pixels.com) Le premier ministre Mark Carney a annoncé jeudi la signature d’un contrat de 4,7 milliards $ portant sur la construction de 313 wagons de passagers pour VIA Rail.
M. Carney a fait cette annonce à l’usine Alstom de Thunder Bay, en Ontario, où les wagons seront assemblés. Le gouvernement précise qu’il s’agira des premiers wagons de passagers de VIA Rail construits au Canada depuis 40 ans.
Il a affirmé que ces vieux wagons ont bien servi le pays, mais qu’ils auraient dû être mis hors service depuis longtemps. Il a fait valoir que le temps était venu d’en construire de nouveaux, et de les construire au Canada.
M. Carney a insisté sur le fait que ces nouvelles voitures seront construites au Canada. « Nous ramenons cette industrie chez nous, a-t-il souligné. Ces 313 voitures voyageurs de nouvelle génération vont être produites au Canada et elles vont être construites à Saint-Bruno-de-Montarville, sur la rive sud de Montréal, et fabriquées et assemblées à Thunder Bay avec l’appui de l’usine d’Alstom à La Pocatière, dans le Bas-Saint-Laurent. »
Le ministre des Transports, Steven MacKinnon, a déclaré qu’il s’agissait du plus gros investissement de l’histoire de VIA Rail et que ce projet permettrait de créer 700 nouveaux emplois. « Il s’agit d’un projet véritablement canadien. Des chaînes d’approvisionnement canadiennes, des travailleurs canadiens, et c’est un investissement renouvelé dans ce service ferroviaire de voyageurs qui nous relie tous », a expliqué M. MacKinnon à La Presse Canadienne à la suite de l’annonce.
Le premier ministre a précisé que la première nouvelle voiture devrait être livrée en 2031 et l’ensemble du parc 4 années plus tard. « C’est le plus important investissement de l’histoire de VIA Rail et le plus gros investissement dans le transport ferroviaire interurbain de voyageurs en une génération », a indiqué M. Carney
En juillet, le gouvernement a annoncé son intention de consacrer 1,6 milliard $ au remplacement de 45 locomotives vieillissantes de VIA Rail, ainsi que 357 millions $ supplémentaires à la construction d’une nouvelle usine d’assemblage et d’un centre de maintenance. Ces nouveaux trains devraient arriver en 2031.
L’annonce de jeudi a suscité une réaction mitigée de la part du Bloc québécois, qui a estimé que cette décision avait tardé à venir. « Après avoir ignoré pendant des années le savoir-faire québécois pour le remplacement des trains de VIA Rail, Ottawa s’arrête finalement en gare et choisit comme nous lui demandions de privilégier nos entreprises à celles américaines pour le remplacement des trains de long-courriers », a écrit Xavier Barsalou-Duval, le porte-parole du Bloc Québécois en matière de Transports, dans une déclaration.
« Les libéraux avaient pourtant préféré la branche américaine de Siemens à la société québécoise Bombardier Transport en 2018 lors du remplacement de trains du corridor Québec-Windsor, un contrat de près d’un milliard, a ajouté le porte-parole. Depuis plusieurs mois, nous répétons qu’Ottawa doit faire appel à nos entreprises plutôt que de choisir une entreprise américaine en pleine crise commerciale ».
La temporalité a également piqué au vif le Bloc, qui voit dans cette annonce « en pleine campagne électorale québécoise, une interférence bien malvenue dans notre démocratie ».