Ottawa refuse un droit de parole au Québec lors du Sommet Canada-Union européenne de Montréal

La Presse Canadienne | 27 octobre 2026 | 09:18
Le premier ministre du Québec, Paul St-Pierre Plamondon, lors d'une conférence de presse à Montréal le vendredi 23 octobre 2026. (LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi)

Le nouveau gouvernement péquiste de Paul St-Pierre Plamondon accuse le fédéral de le museler au sommet Canada-Union européenne, qui se déroulera jeudi et vendredi à Montréal.

Ottawa a refusé à M. St-Pierre Plamondon une prise de parole à ce sommet, alors que l’événement se déroule pourtant au Québec, déplore le nouveau gouvernement.

Qui plus est, le gouvernement fédéral refuse également que le Québec organise une réception en marge du sommet, ce qu’avait pourtant demandé le précédent gouvernement de Christine Fréchette le 15 septembre dernier, a indiqué un porte-parole du gouvernement péquiste.

L’Union européenne, ajoute-t-on, a pourtant comme habitude de tenir un Forum des leaders économiques en marge de ce type de sommet, ce qu’aurait pu prendre en charge le Québec, même en collaboration avec le fédéral.

La situation est donc « surréaliste », selon le porte-parole du gouvernement péquiste, puisque le sommet va se dérouler « en sol québécois », et on discutera d’« ententes stratégiques et économiques » dont certaines sont dans des champs de compétence du Québec et qui pourraient lier le Québec pendant plusieurs années, sans pourtant que le gouvernement du Québec ait un mot à dire.

La ministre de la Justice et ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, Marie-Claude Sarrazin, n’a pas mâché ses mots pour condamner la position du fédéral.

« Lorsque vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu, nous disait le premier ministre Carney, a-t-elle rappelé dans une déclaration officielle fournie aux médias. Le gouvernement fédéral a fait le choix d’empêcher le Québec d’avoir un droit de parole sur son propre territoire. Il s’agit d’un manque de respect élémentaire envers le Québec et une négation du rôle de notre parlement qui nous rappelle la nécessité d’être pleinement maîtres chez nous. »

Le gouvernement péquiste a par ailleurs rappelé que le Québec avait pourtant un siège aux tables de négociations lors de l’Accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne (AECG) et a participé à plus d’une centaine de réunions dans le cadre du processus. Il y avait donc un précédent, précise-t-on.

« Peu importe les accords ou traités qui seront signés durant ce sommet, le Québec est souverain dans ses champs de compétence à l’international, c’est donc lui qui aura le dernier mot », conformément à la doctrine Gérin-Lajoie, a-t-on conclu.

Cette rebuffade survient alors que M. St-Pierre Plamondon a refusé de participer lundi à un sommet organisé par le fédéral avec les Autochtones et les premiers ministres, ce qu’a déploré d’ailleurs Mark Carney.

En outre, M. St-Pierre Plamondon s’est entretenu lundi avec le président français, Emmanuel Macron, une première prise de contact officielle entre les deux hommes.