De plus en plus de Canadiens sautent des repas en raison des prix des aliments
Des bénévoles trient et emballent des dons alimentaires, à Toronto, le samedi 4 avril 2026. (LA PRESSE CANADIENNE/Sammy Kogan) Les résultats d’une enquête nationale annuelle sur la pauvreté dressent un tableau de plus en plus sombre de l’accessibilité financière de l’alimentation au Canada, en particulier pour les jeunes.
Lors de l’analyse sur la pauvreté et la situation socioéconomique 2026 de l’Armée du Salut, publiée mardi, 31 % des quelque 1500 Canadiens interrogés ont révélé avoir sauté des repas ou réduit la taille de leurs repas en raison du prix du panier d’épicerie. Ce taux est en hausse par rapport à 27 % il y a un an.
Le nombre de personnes qui ont affirmé avoir eu recours à des services d’aide communautaire, comme les banques alimentaires, a aussi augmenté, passant de 11 % des répondants l’an dernier à 15 % cette année.
La situation est encore plus grave chez les jeunes, selon l’étude menée par Edelman Data and Intelligence pour le compte de l’Armée du Salut. Chez les répondants de 18 à 34 ans, 41 % ont révélé avoir sauté des repas, soit dix points de pourcentage de plus que la moyenne, et 23 % ont indiqué s’être tournés vers de l’aide alimentaire.
L’enquête suggère également que les Canadiens sont plus préoccupés par les droits de douane américains et leurs répercussions sur l’économie que l’année dernière.
Près de neuf répondants sur dix craignent que la guerre commerciale fasse grimper les prix des produits de consommation courante. Trois personnes interrogées sur cinq ont indiqué que leur foyer ressentait déjà les effets des droits de douane américains.
L’enquête a été menée sur plusieurs jours en septembre auprès d’un échantillon représentatif de Canadiens à l’échelle nationale, comprenant notamment des utilisateurs actuels et anciens des services de l’Armée du Salut, membres du forum en ligne Angus Reid. Les territoires n’ont pas été inclus dans l’enquête et aucune marge d’erreur ne peut être calculée pour un échantillon non probabiliste, précise le rapport.
En matière de logement, la moitié des personnes interrogées ont déclaré ne pas être sûres de pouvoir trouver dans leur région un autre logement à la fois abordable et répondant aux besoins de leur ménage, tandis que 24 % ont dit consacrer au moins la moitié de leur revenu après impôts aux frais de logement.
Pour subvenir à leurs besoins fondamentaux, 50 % des personnes interrogées ont déclaré avoir puisé dans leurs économies, tandis que 40 % ont indiqué s’être endettées ou avoir eu recours au crédit.
Glenn van Gulik, porte-parole national de l’Armée du Salut, a qualifié ces résultats de « profondément préoccupants ».