BMW iX3 2027 ou l’électrique qui fait enfin oublier la prise
Photo courtoisie Par Marc Bouchard
Pendant longtemps, rouler en véhicule électrique exigeait un petit talent de planificateur.
On ne partait pas simplement sur un coup de tête : on calculait ses distances, on surveillait la météo et on gardait toujours une application de bornes de recharge ouverte pas très loin. Si vous ne me croyez pas, relisez le texte de mon périple au Nouveau-Brunswick en Toyota C-HR, vous verrez. Avec le nouveau BMW iX3 2027, disons que j’ai décidé de jeter la calculatrice par la fenêtre.
En milieu de semaine, j’ai pris la direction de Québec comme d’habitude pour un aller-retour complet, avec un objectif bien simple : ne jamais m’arrêter pour brancher le véhicule. Résultat des courses ? J’ai fait le trajet vers la Capitale-Nationale et je suis rentré au bercail avec encore près de 200 kilomètres en réserve dans la batterie.
Pour quiconque emprunte régulièrement le corridor de l’autoroute 40 pour le travail ou les escapades, ça change complètement la donne. Sur papier, le constructeur annonce une autonomie maximale de 698 kilomètres. En toute transparence, je n’ai jamais vu un tel chiffre s’afficher dans une voiture d’essai, et je n’ai pas atteint cette marque non plus. Mais frôler les 600 kilomètres réels à vitesse d’autoroute sans la moindre sueur froide, c’est un tour de force qui transforme notre façon d’aborder la route.
Bien plus qu’un simple coup de pinceau
Si ce VUS réalise ce genre de prouesse, c’est qu’il ne s’agit pas d’une simple mise à jour esthétique. Depuis un bon moment déjà, la marque bavaroise nous prépare à sa grande révolution baptisée Neue Klasse. On croyait d’ailleurs qu’une berline inspirée de la Série 3 ouvrirait le bal après les récents concepts dévoilés par la marque, mais c’est finalement l’utilitaire iX3 qui a hérité du rôle d’éclaireur. Et franchement, le résultat dépasse mes attentes.
Sous la carrosserie, tout a été repris à zéro : nouvelle architecture, gestion thermique revue de fond en comble et chimie de batterie de nouvelle génération. Même constat lorsqu’on doit finalement s’arrêter à une borne rapide. La puissance de recharge est telle que l’arrêt devient une formalité : le temps de passer au comptoir pour un espresso et de se dégourdir les jambes, le véhicule a déjà récupéré l’essentiel de son énergie.
Côté mécanique, rassurez-vous : l’efficacité énergétique n’a pas endormi l’ADN sportif de la maison. Dans cette 50 xDrive (c’est le nom du modèle), le VUS fait appel à deux moteurs électriques, un sur chaque essieu, qui assurent le travail du rouage intégral xDrive de série, un incontournable pour affronter nos hivers. Jumelée à une transmission automatique à rapport unique qui livre la poussée sans la moindre hésitation, cette motorisation alimentée par une batterie de 112,2 kWh développe une cavalerie combinée de 463 chevaux et un couple généreux de 476 lb-pi.
En clair, ça permet de réaliser le 0 à 100 km/h en à peine 4,9 secondes et d’effectuer des dépassements sur la 40 avec une aisance déconcertante, simplement en effleurant la pédale de droite.
Le grand confort
Au volant, tout est presque parfait. Le silence à bord est impressionnant, l’isolation acoustique combinée à la douceur de la motorisation électrique donne presque l’impression de rouler dans une bulle. Ajoutez à cela une ergonomie de conduite sans reproche et des sièges à fonction de massage qui sauvent le bas du dos après trois heures derrière le volant, et vous obtenez une routière d’un grand raffinement.
Toutefois, tout n’est pas rose au pays des merveilles bavaroises. Si la suspension maîtrise avec brio les grands mouvements de caisse à haute vitesse, elle manque de souplesse dès que le pavé se dégrade. Sur certaines sections plus maganées de notre réseau routier, disons que les crevasses et les rapiéçages de l’asphalte québécois ne pardonnent pas, la fermeté des amortisseurs se fait sentir directement dans la colonne vertébrale. Pour un modèle qui joue autant la carte du luxe feutré, un réglage un brin plus indulgent pour nos routes aurait été le bienvenu.
Un habitacle zen
C’est en s’installant à bord qu’on mesure le mieux le virage pris par BMW. Les habitués de la marque remarqueront tout de suite que la course aux boutons et la surcharge visuelle appartiennent désormais au passé.
Deux éléments volent particulièrement la vedette. D’abord, ce revêtement en tissu doux et rétroéclairé qui habille la planche de bord avec beaucoup de caractère une fois la nuit tombée. Ensuite, et c’est un coup de maître, ce bandeau d’affichage projeté à la base même du pare-brise, d’un bout à l’autre de l’habitacle. Haut de quelques centimètres à peine et entièrement modulable, il livre toutes les informations utiles avec une netteté remarquable, sans jamais distraire le regard de la circulation.
En fin de compte, malgré une suspension qui gagnerait à s’adoucir devant nos nids-de-poule printaniers, le BMW iX3 2027 prouve que l’étiquette Neue Klasse est loin d’être un simple exercice de relations publiques. C’est une refonte en profondeur, mature et terriblement efficace, qui place la barre très haut pour la concurrence.