Un vent d’optimisme souffle sur la MRC des Appalaches et les couleurs passent du GrisAuVert

Boris Chassagne | 13 février 2026 | 14:44
Des personnalités politiques présentes au lancement du GrisAuVert, jeudi soir. (Photo: courtoisie MRC des Appalaches)

C’était le Jour J, ce jeudi pour la MRC des Appalaches qui lançait en grandes pompes au Centre des congrès de Thetford Mines, son projet d’économie circulaire 2040 et du même souffle sa Coopérative du GrisAuVert.

Près de 250 personnes ont répondu à l’appel que leur avait lancé la MRC. Pour Ludovic Beauregard, Commissaire en économie circulaire à la Société de développement économique de la région de Thetford, et qui pilote le projet : « Ça a été un gros wow ». Organismes, familles, étudiants, industriels, communauté politique, milieux financiers… tous étaient présents : « ça reflétait bien l’écosystème qu’on veut mettre en place avec du GrisAuVert », affirme M. Beauregard.

Ça va être une année pivot et vous allez être vous à la Coop, être au cœur du développement de cette nouvelle économie. – Ludovic Beauregard

La mission a aussi été bien comprise et bien reçue. « Ça va être une année pivot et vous allez être vous à la Coop, être au cœur du développement de cette nouvelle économie. Les retombées vont profiter à l’ensemble de la communauté », a lancé Ludovic Bourgeois au parterre d’invités, en vendant avec son optimisme habituel, les mérites de ce projet qui semble attirer un nombre croissant d’acteurs de tous les milieux. La Coopérative qui sera légalement opérationnelle d’ici quelques mois. Elle qui va ensuite porter le Plan stratégique et accompagner les partenaires civils et industriels qui veulent s’y impliquer.

On est venu d’Europe, des États-Unis et de l’ouest canadien

Des gens de partout sur la planète ont même pris l’avion pour participer à une tournée minière qui précédait le lancement du Plan 2040. Ils étaient une douzaine de représentants du fonds d’investissements Frontier, de CRC Carbon Removal Canada, et de l’entreprise Arca notamment. Sans compter Sky Renew, Deep Sky, Vema Hydrogen, et KSM, etc.

Ludovic Beauregard. (Photo: capture d’écran)

« Ils ont été bouche bée. Ils nous ont dit qu’ils n’avaient jamais vu un ensemble d’actifs stratégiques de la sorte au même endroit. Jamais vu, une acceptabilité sociale aussi forte. On est à discuter de déployer deux mégas projets ici de plusieurs centaines de millions de dollars ». Quand ? Ça reste à ficeler… ou à dévoiler ! Des organismes communautaires veulent aussi s’impliquer. Le Carrefour Jeunesse Emploi s’est tout de suite intéressé à la Coopérative, affirme M. Bourgeois. Tout comme Grobec qui s’intéresse aux bassins versants.

La responsabilité des passifs miniers

Ce projet, nous dit M. Beauregard, est un projet environnemental avant tout. Économique ensuite. « On a une responsabilité envers ces passifs miniers. On veut faire quelque chose pour les générations futures » en végétalisant certains sites, en procédant à la captation de CO2. On va créer une nouvelle énergie grâce à l’hydrogène minéral de synthèse, explique M. Beauregard. Il donne l’exemple de KSM qui utilise des résidus miniers, pour produire un fertilisant qui participe à l’autonomie alimentaire du Québec. Un parfait exemple d’économie circulaire. « On transforme ce passif, en actif ».

Ça va apporter des emplois, du monde, beaucoup de richesse. Ce qu’on a vu hier c’est la pointe de l’iceberg. – Jean-François Roy, préfet de la MRC des Appalaches

Pour Jean-François Roy, préfet de la MRC des Appalaches « c’est un grand projet pour la région. Ça va apporter des emplois, du monde, beaucoup de richesse. Ce qu’on a vu hier c’est la pointe de l’iceberg », soutient M. Roy. Pourquoi ce projet génère-t-il autant d’intérêt et dans tous les milieux ? « Tout le monde va pouvoir bénéficier des entreprises qui vont venir s’établir dans la région », ajoute Jean-François Roy.

Le préfet de la MRC des Appalaches, Jean-François Roy. (courtoisie MRC des Appalaches)

La région, dans son ensemble, est-elle prête à prendre le virage, a-t-elle en main ce qu’il lui faut pour mener à bien les projets qu’elle convoite ? « On a l’eau, les trains, la matière première, il n’y a pas beaucoup d’endroits dans le monde, qui ont toutes ces ressources-là ».

Y a de quoi de gros qui s’en vient. Je crois que ce sera un des plus gros projets dans le monde de revalorisation des résidus miniers. – Jean-François Roy, préfet de la MRC des Appalaches

Et la région, assure M. Roy, devrait avoir à sa disposition la main-d’œuvre qu’il lui faut dans la mesure où le Cégep de Thetford, par exemple, est en mesure de servir de catalyseur de formation. « Des entreprises ont déjà commencé à faire des choses dans la région. On sent l’engouement, avec les personnes qui étaient là hier de partout dans le monde. Attirer ces gens à Thetford ça veut dire qu’il y a quelque chose de gros qui s’en vient. »

Une petite mine d’or au lieu d’une mine d’amiante

Le préfet de la MRC des Appalaches estime que c’est bien ce que la région a entre ses mains. Et les délégations de l’Ouest canadien, de la Californie et d’Europe qui ont fait le tour de la région hier s’en émerveillent aux dires du préfet. « On voit les montants, les gens ne se déplacent pas ici pour rien. Y a de quoi de gros qui s’en vient. Je crois que ce sera un des plus gros projets dans le monde de revalorisation des résidus miniers » et d’économie circulaire, précise M. Roy. « On détient de quoi de très très gros. On est 19 municipalités qui travaillent ensemble et quand on voit des projets qui sont porteurs, c’est clair qu’on va accompagner tout le monde. On est très ouverts à s’impliquer plus là dedans », de conclure le préfet Jean-François Roy.