L’expertise de COALIA de Thetford déployée au nord du 49e parallèle

Boris Chassagne | 2 avril 2026 | 13:48
Lori Leblond Chimiste - Chargée de projet (Secteur Chimie et Matériaux avancés) chez Coalia, Katline Guay Directrice - Chimie et Matériaux avancés chez Coalia et Youcef Larbi (Conseil cri sur l’exploration minérale). (Photo: Coalia)

L’expertise de l’entreprise thetfordoise COALIA est sollicitée dans la communauté crie de Wemindji, situé au nord du 49e parallèle. L’entreprise compte y construire des maisons plus vertes et décarbonées.

L’entreprise, qui, dans le cadre du Grand Défi de la décarbonation du Québec, s’apprête à relever à bâtir des habitations durables, locales et bas carbone. Ceci grâce à un financement de 125 000 $ coordonné par Synchronex et appuyé par le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE) et le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP),

Coalia qui n’espère rien de moins que de lancer une nouvelle ère de construction nordique en misant sur les géopolymères pour décarboner la communauté de Wemindji. Le territoire, affirme Coalia, « recèle de ressources insoupçonnées : des résidus industriels et miniers (cendres volantes et de grilles, stériles, scories et biochar) qui n’attendent que d’être revalorisés », au lieu d’être importés du Sud.

L’équipe de chercheurs propose « de fabriquer des géopolymères à partir de ces résidus régionaux. Il s’agit d’un liant écologique qui pourrait remplacer le ciment Portland, responsable de 7 à 8 % des émissions mondiales de CO2. Mieux encore, ces matériaux seront fonctionnalisés pour capter activement le carbone. Autrement dit, chaque mur ou structure pourrait devenir un puits de CO2 durable », affirme Coalia.

« Cette approche pourrait devenir un modèle de développement circulaire nordique, fondé sur la résilience, l’innovation et le respect des savoirs autochtones. Le projet n’en est encore qu’à ses débuts, mais son potentiel est immense. Dans les 18 prochains mois, l’équipe analysera les résidus, mettra au point les formulations, testera la capture du CO2 et validera la faisabilité de l’impression 3D en conditions nordiques. À terme, cette recherche pourrait ouvrir la voie à une nouvelle génération d’habitations durables, imprimées sur place, à partir de ressources locales, et capables de respirer le carbone plutôt que de l’émettre », écrit Philippe Bébin, directeur général de Coalia.

L’entreprise compte tirer profit de son expertise en matériaux avancés et en chimie des géopolymères pour réaliser ce projet. Elle ne sera pas seule. Skyrenu Technologies aura pour mandat de tester la capacité des matériaux à capturer le CO2 dans des conditions réelles. La Ville de Québec, via son Complexe de valorisation énergétique (CVE), va fournir les cendres volantes et les grilles pour les premiers essais. L’Université d’Ottawa va accompagner le développement scientifique du projet notamment pour l’impression 3D et enfin, la communauté crie de Wemindji va contribuer à la collecte d’échantillons sur son territoire.