Postes Canada met la table à de profondes transformations

Boris Chassagne | 17 avril 2026 | 09:05
Une femme qui promène son chien s'arrête à une boîte postale communautaire pour récupérer son courrier, à Pointe-Claire, dans la région de Montréal, le 26 septembre 2025. (Photo: LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi)

Postes Canada joint le geste à la parole et lance son plan de transformation : conversion de la livraison à domicile aux boîtes communautaires et révision du nombre de bureaux de poste sont au menu.

La société s’engage ainsi dans un « tournant historique » et espère redresser sa situation financière et assurer la pérennité de ses activités. D’ici cinq ans, ce seront les 4 millions d’adresses restantes au pays qui seront converties de la livraison à domicile aux boîtes postales communautaires. Le tout doit permettre d’économiser quelque 400 millions $, a précisé en entrevue jeudi Ariane Sauvé, directrice des relations publiques chez Postes Canada.

Dès la fin de 2026 et le début de 2027, environ 136 000 adresses seront assujetties au processus dans 13 municipalités du pays. Au Québec, les villes touchées seront celles de Sept-Îles, Candiac et La Prairie. Dans les provinces atlantiques, on note aussi Moncton et Riverview, au Nouveau-Brunswick.

Des mesures d’adaptation sont prévues pour les personnes âgées ou qui ont des limitations fonctionnelles. Environ 17 000 ménages en bénéficient déjà. Il peut s’agir, par exemple, d’un casier plus bas, d’une clef avec une inscription en Braille, par exemple.

Postes Canada souligne que ses installations seront sécuritaires et qu’elle en fera l’entretien régulier. Elle assure aussi que l’implantation des boîtes communautaires et du choix de l’emplacement ne se feront pas en vase clos. « On a pris contact avec les municipalités, les maires des villes, qui seront priorisées dans la liste de conversion. Et aussi, on va bientôt communiquer avec les gens qui vont être affectés par le changement de transitionner vers une boîte postale communautaire », a indiqué Mme Sauvé.

Les bureaux de poste

Dans la même veine, Postes Canada veut revoir son réseau de 5900 bureaux de poste au pays. Elle ne s’est pas donné un objectif précis, encore, quant au nombre de bureaux à fermer, mais elle veut poursuivre son analyse du réseau et du comportement des consommateurs. Les régions urbaines et suburbaines « sont actuellement trop desservies » en la matière, estime-t-elle.

« On n’a pas encore de site identifié. On n’a pas encore de chiffre, mais, ce qu’on sait, c’est qu’on veut préserver le service, puis ajuster le réseau en fonction de la demande », a expliqué Mme Sauvé. Des emplois seront inévitablement touchés par ce vaste plan de transformation.

« Il y a énormément de départs à la retraite qui s’en viennent dans les prochaines années. Donc, on a une opportunité de pouvoir jumeler les changements opérationnels avec les endroits où il y a aussi des départs à la retraite. Donc, on va essayer, vraiment, dans la mesure du possible, de profiter de l’attrition qui va se faire dans les prochaines années pour pouvoir réduire la taille de l’entreprise », a rapporté Mme Sauvé.

Réaction

Pour l’Institut économique de Montréal, ce plan est insuffisant. « Cette mesure ne règle pas le problème de fond. Tant que Postes Canada conservera son monopole sur les lettres régulières, le manque d’incitations à la performance continuera de peser sur la qualité du service et les coûts de prestation. Il serait préférable de libéraliser le marché des postes et de privatiser Postes Canada », a commenté Gabriel Giguère, analyste senior en politiques publiques à l’IEDM.