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Yannick Laflamme, de Thetford à l’Agence spatiale canadienne
Les astronautes des premières missions Artemis (au moins jusqu'à Artemis V) utiliseront une roue d'inertie pour se maintenir en forme. L'appareil a été embarqué à bord de l'avion Falcon 20 du Conseil national de recherches du Canada pour être testé lors d'une campagne de vols paraboliques à l'Aéroport métropolitain de Montréal, à Longueuil (Québec). Sur la photo, Yannick Laflamme de Thetford. (Photo: Agence spatiale canadienne) Yannick Laflamme ne savait pas quand il étudiait à l’Université Queens à Kingston en Ontario, ou à celle d’Ottawa où il complète sa maîtrise en Kinésiologie qu’il finirait un jour par travailler à l’Agence spatiale canadienne à St-Hubert. Encore moins, qu’il aurait un rôle à jouer auprès des astronautes canadiens et américains, qui ont participé à la mission d’Artemis II, qui vient de se conclure.
Yannick Laflamme est entraîneur physique à l’Agence spatiale canadienne. Il habite encore Thetford Mines, mais fait la navette quelques jours par semaine en banlieue de Montréal. Et il fait quelques sauts à Huston, au Texas, pour préparer physiquement les astronautes aux différentes missions.
Il est l’une des quatre personnes à avoir testé la roue d’inertie qui a été montée à bord de la capsule Orion, afin que les astronautes puissent garder la forme dans l’espace. Cette roue a été testée en apesanteur lors de vols paraboliques à l’aéroport de St-Hubert. « Les premiers vols paraboliques ont été conduits en 2024, pour tester la roue d’inertie en microgravité. Ça n’avait jamais été fait. La roue d’inertie a été créée en 1990 pour voler dans l’espace, mais n’avait jamais été testée dans ces conditions! C’est un outil qui est attaché à la capsule. En 2025 en octobre, on a fait d’autres vols pour simuler des entraînements sur la structure, et tester le volet ingénierie ». La roue d’inertie permet aux astronautes de faire toute une suite d’exercices cardiovasculaires. Dans l’espace, le seul exercice prescrit était celui du rameau, du « squat deadlift », et de biceps. Ils sont attachés par les pieds.
Voilà qui plaît à Yannick Laflamme. Car bouger, c’est son truc. « Mon background est plus au niveau sportif, j’ai grandi en tant que joueur de hockey, j’ai fait un parcours élite, j’ai joué junior dans l’ouest canadien et universitaire à l’Université Queens, pendant mon baccalauréat ». C’est là qu’il a eu « la chance de travailler avec des athlètes universitaires avec des préparateurs physiques », dit-il.

M. Laflamme a ensuite passé quatre ans dans une organisation non gouvernementale, liée aux Forces Armées Canadiennes. Il a même été impliqué dans des projets liés à la recherche en performances humaine, dans la marine canadienne. Il va même y être déployé six mois en 2021. C’est là qu’on le met sur la touche à l’Agence spatiale canadienne (ASC). « En mai 2023, ils ont ouvert le poste que j’ai maintenant, pour encadrer les quatre astronautes canadiens », dit-il, lui qui avait toujours pensé rester dans la sphère du hockey. Il ne regrette évidemment rien, c’est certain. « Le côté humanitaire (de l’exploration spatiale) est vraiment intéressant. Je me suis lancé dans l’inconnu et je suis content d’être encore ici, c’est sûr.
De retour sur Terre, le travail continue
De retour sur Terre, les astronautes doivent se remettre en forme. Le court séjour dans l’espace a laissé des traces. « Il y a toujours du travail à faire avec les astronautes. On fait un suivi quotidien avec eux ». Yannick Laflamme qui suit de près l’astronaute canadien Jeremy Hansen. « On se devait d’abord de développer avec eux, le protocole d’entraînement avec la roue d’inertie. Non seulement, pour qu’ils puissent s’entrainer avec, pour que tout aille bien, mais aussi niveau de l’ingénierie », pour qu’il n’y ait pas de malfonction. « Ils ont apprécié la roue d’inertie. Autant au niveau moral, que physique, ça leur a fait du bien de bouger ». Eux qui étaient contraints de faire 30 minutes d’exercice par jour. « Ils ont pu faire cinq entrainements durant leur vol », rapporte M. Laflamme.
La mission Artemis II est terminée, mais son travail ne fait que commencer. « Le gros de mon travail commence avec la fin de la mission avec le reconditionnement de Jeremy Hansen. Les astronautes sont déconditionnés par la microgravité. On savait que la microgravité aurait des effets sur eux. Ils ont des tests au quotidien et deux heures et demie sécurisées dans leur horaire pour qu’on puisse les remettre sur pied ». M. Laflamme les voit pendant 15 jours tous les jours. Pour les missions de longue durée, on parle d’une période de reconditionnement de 45 jours. « Mon focus est sur le reconditionnement de Jeremy ».
Est-ce que le corps humain pourra à terme être conditionné à vivre dans l’espace, quand on voit qu’un si court séjour à tant d’impact sur leur condition physique ? Yannick Laflamme ne veut pas se mouiller.
Participer à un projet plus grand que soi
« Je suis vraiment choyé de travailler avec les astronautes canadiens. Ils sont vraiment intelligents et accessibles. Ce sont de bonnes personnes. C’est facile de les côtoyer. C’est valorisant de travailler avec ce type de personnes là. Les liens qu’on a avec eux sont super ». Yannick Laflamme qui se félicite de faire partie de cette équipe. « De voir comment la mission a eu un impact, sur le monde entier. De voir qu’ensemble, on est capables d’en faire plus, si on s’y met », réjouit Yannick Laflamme pour qui la mission continue.