Le déficit du Québec fond de plusieurs milliards
Le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, pendant son allocution à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, à Montréal, le lundi 23 mars 2026. (Photo: LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarovs) Le Québec voit son déficit budgétaire reculer de près de la moitié par rapport aux prévisions, pour s’élever à 7,2 milliards $ pour l’exercice financier 2025-2026.
Le ministère des Finances a publié, jeudi en fin après-midi, un rapport sur la situation financière de la province, dans lequel il présente des résultats préliminaires pour l’exercice financier s’étant terminé le 31 mars dernier. Il fait état d’une amélioration.
Le déficit budgétaire de 7,2 milliards $ représente une diminution de 47 % par rapport au déficit de 13,6 milliards $ établi lors du dépôt du budget en mars 2025, et qui avait ensuite été révisé à la baisse à 9,9 milliards $ au dernier budget déposé plus tôt cette année. Ce montant établi au sens de la Loi sur l’équilibre budgétaire est calculé après les versements au Fonds des générations.
Le ministre des Finances, Eric Girard, a expliqué qu’« essentiellement » le gouvernement avait enregistré plus de revenus et n’avait « pas utilisé la provision pour éventualité de 2 milliards $ ».
Questionné à savoir s’il était trop prudent dans ses prévisions au moment de déposer le budget en mars, M. Girard a évoqué le contexte d’incertitudes alimentées par la guerre commerciale avec les États-Unis et le conflit au Moyen-Orient. « Nous maintenons une très grande prudence, une saine prudence avec des provisions pour éventualité de 2 milliards $ », a soutenu M. Girard en mêlée de presse à l’Assemblée nationale, précisant qu’une telle somme est toujours dans les coffres de l’État pour l’année financière en cours.
Il a ajouté que le budget de 2025-2026 avait été préparé dans un contexte où le président Donald Trump s’installait à la Maison-Blanche et menaçait d’imposer des droits de douane sur les importations canadiennes entrant aux États-Unis. « Nous, on fait un budget dans un contexte extrêmement difficile. Donc, on est nécessairement prudent sur la croissance économique, sur la croissance des revenus », a dit M. Girard.
Pour expliquer l’amélioration de la situation financière, le ministre a parlé d’« une économie domestique extrêmement forte, très solide, très résiliente », malgré le contexte géopolitique difficile. Selon le rapport du ministère des Finances, les revenus ont connu une augmentation de 584 millions $ par rapport à la prévision du budget 2026-2027.
Cette évolution favorable « s’explique en grande partie par la croissance des salaires et traitements, de la consommation des ménages et de l’excédent d’exploitation net des sociétés, ce qui témoigne de la résilience dont ont fait preuve les particuliers et les entreprises depuis le début du conflit commercial avec les États-Unis », peut-on lire dans le document. Par ailleurs, les dépenses sont révisées à la baisse de 2,2 milliards $ par rapport au budget déposé en mars dernier.
Le déficit comptable, qui exclut le Fonds des générations, a également connu une amélioration pour s’élever à 4,9 milliards $ pour 2025-2026, soit 0,8 % du PIB. Il avait été estimé à 7,7 milliards $ au dernier budget. « Ce serait, avec les informations qui sont connues présentement, le plus petit déficit au Canada pour 2025-2026 », s’est réjoui M. Girard.
Malgré ces bonnes nouvelles, M. Girard maintient pour le moment un retour à l’équilibre budgétaire en 2029-2030, étant donné l’incertitude qui persiste entourant la révision de l’Accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.