L’école de pilotage Altitude dans l’air du temps
(Photo: Altitude Centre de l'aviation) L’école d’Altitude Centre de l’aviation s’installe à Thetford Mines et gonfle les rangs de ses trois autres écoles positionnées au Québec. M. Alexis Etienne est à la tête de cette entreprise qui s’installe dans les locaux de l’aéroport régional de Thetford, avant d’y construire ses propres installations.
Altitude a déjà fait son nid à Victoriaville (CSR3), au Lac St Jean (CYDO), à Neuville (CNV9). Thetford Mines (CSM3) est sa nouvelle antenne. Le président et instructeur en chef du Centre de l’Aviation Altitude, Alexis Étienne, précise que l’École va dans un premier temps donner des cours à une petite cohorte d’aspirants pilotes. Le développement du centre d’aviation « va se faire avec une phase avec des bâtiments aménageables et mobiles, ensuite, un bâtiment en dur construit ». À terme, la maintenance des avions sera même faite sur place. M. Etienne espère arriver au bout de ce projet de construction d’ici trois ans.
Former des pilotes spécialisés et rapidement
Cette école de pilotage pourrait à terme accueillir 40 à 60 étudiants chaque année. « On a un AEC (attestation d’études collégiales) qui permet de former des étudiants en une année pour les rendre prêts au marché de l’aviation, dès la fin de leur année. C’est quelque chose qu’on pratique maintenant depuis déjà six mois ». Ceci, en partenariat avec le Centre Québécois de Formation Aéronautique de Chicoutimi (CQFA). Et ça nous permet d’amener une AEC qui est vraiment dirigée vers la professionnalisation ». Un étudiant ainsi formé peut ensuite pratiquer sur des hydravions, des multimoteurs, et des simulateurs de vol par exemple. « Notre objectif, ce n’est vraiment pas de créer plus de pilotes qui sortent sur le marché de l’emploi, mais vraiment de créer de meilleurs pilotes. De pouvoir justement fournir un entraînement qui soit plus pointu, plus tourné vers le professionnalisme, et surtout avec des délais respectés ». Car dans ce secteur, des délais il y a, soutient M. Etienne d’Altitude Centre de l’aviation.

Attirer des pilotes en herbe locaux, régionaux
Le Centre Altitude compte bien trouver ses étudiants dans la région. « On va pouvoir vraiment aller travailler la région Chaudière-Appalaches, de la Beauce. Tous ces jeunes qui partaient dans de grands centres pour aller se former, pour être pilote, vont pouvoir venir chez nous. Et on a l’objectif de commencer avec une cohorte de jeunes, entre 5 à 15 jeunes au départ ».
Nombre d’entre eux finissent par aller étudier dans les grands centres, là où les aéroports sont complètement saturés, affirme M. Étienne. Il y aurait, dit-il des aéroports avec « 800 élèves qui sont quasiment plus capables de partir en vol, tellement leurs aéroports sont saturés ». Celui de Thetford est encore relativement vierge, dit-il. « Ils sont tout de suite dans la zone d’entraînement ».
Au terme de leur formation, « ils peuvent voler un petit peu plus après la formation s’ils veulent donner des cours sur un avion. Ils peuvent accéder au métier d’instructeur de vol, donc il y a une formation pour instructeur qu’on donne évidemment.
Ils peuvent devenir pilotes pour la SOPFEU, parcourir tout le Canada comme pilote d’hydravion, commencer à faire du transport de personnes. « Donc en fait, quand ils finissent leur AEC chez nous, ils ont un total de 253 heures complètes et ils sont capables d’aller sur le marché de l’emploi rapidement. »
Car après une formation d’un an seulement, les élèves sont en mesure de prendre les commandes d’un avion et voler de façon autonome. « En aviation, vous pouvez être relâché seul en vol dans un avion à 14 ans dans le cadre de votre entraînement. Et la première qualification pour être seul avec un passager, c’est à 16 ans. Et pour être pilote de ligne, c’est 21 ans ».
Prévenir et calmer la grogne autour du bruit
Comment éviter la grogne des résidents voisins de l’aéroport, et de l’école de pilotage. Plusieurs auront en mémoire les disputes entourant l’Aéroport de St-Hubert et celui de Saint-Jean-sur-Richelieu.
Alexis Étienne, qui siège aussi sur le conseil d’administration d’Aviateur Québec, se dit très au fait que les sites aéroportuaires ont, avec les résidents, le public. « On est dans des espaces aériens autour de Montréal qui sont très saturés, avec aussi une densification au niveau de la population, au niveau des habitations. Les gens oublient un petit peu aussi qu’ils ont construit ou acheté à côté d’un aéroport. Le problème, c’est le nombre d’avions. Nous, ce qu’on a choisi, c’est justement d’aller dans des sites où on est la seule école de pilotage sur chaque aéroport. On est sur des cohortes qui sont beaucoup plus petites. L’objectif, en fait, c’est de ne pas saturer l’espace aérien. Parce que c’est désagréable. »
« On travaille sur l’acceptabilité sociale, et à créer des zones d’entraînement qui sont loin du public. Quand on est allé à l’aéroport de Thetford, ils ne nous ont pas dit oui en claquant des doigts. Ils ont étudié la compagnie, ils ont étudié notre façon de faire. Quand vous êtes à Thetford Mines, il y a beaucoup plus d’agriculture, il y a plus de bois. Donc déjà, la densification de la forêt va faire que ça va absorber beaucoup plus les bruits. Nous, on va travailler énormément au-dessus de la forêt. Puis nos circuits se font de l’autre côté de la ville. Pas au-dessus de la ville. Ça change énormément de choses.
Les premiers vols ont débuté en juin. « On vole déjà pour le multimoteur. Donc on a déjà une vingtaine d’étudiants sur notre gros multimoteur qui est stationné en ce moment même à l’aéroport. Pour le monomoteur, on va pouvoir mettre un C-972 sur place pour pouvoir l’exploiter et puis commencer à faire les formations de pilotes privés et plus » de conclure M. Etienne.