Le député défait Pascal Paradis nommé négociateur en chef du Québec
Pascal Paradis est applaudi par le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, alors qu’il arrive pour prêter serment en tant que député de Jean-Talon, le mardi 17 octobre 2023, à l’Assemblée nationale, à Québec. (Photo: LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot) L’ex-député péquiste Pascal Paradis, battu dans sa circonscription de Jean-Talon aux élections il y a deux semaines, vient d’obtenir une promotion : le nouveau gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon l’a nommé lundi diplomate et négociateur en chef.
« Pascal Paradis est le meilleur choix pour occuper ce poste en raison de son bagage personnel et professionnel », a assuré le premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon, lundi matin, sur les réseaux sociaux.
M. Paradis sera appelé à s’asseoir avec les nations autochtones, mais aussi à jouer un rôle dans les négociations pour le renouvellement de l’entente de libre-échange avec les États-Unis, a précisé le gouvernement.
Le nouveau premier ministre élu avait déjà laissé entendre qu’il réfléchissait à confier un nouveau rôle à M. Paradis, qui s’était distingué à titre de parlementaire dans l’opposition péquiste, notamment avec son bagage international.
« Son mandat sera notamment de maintenir des relations solides, durables et empreintes de confiance avec les nations autochtones », a précisé un porte-parole du nouveau gouvernement péquiste.
’« Il sera appelé à entretenir un dialogue constant avec leurs représentants et à agir comme l’un des principaux interlocuteurs du gouvernement, en veillant à ce que les canaux de communication demeurent toujours ouverts et productifs. »
M. Paradis interviendra ainsi sur les enjeux de l’énergie, des traités avec les Autochtones et dans tout autre dossier où un dialogue est requis, indique le parti.
En outre, M. Paradis jouera un « rôle central » dans les relations internationales du Québec, particulièrement avec les États-Unis. C’est là qu’il sera négociateur en chef du gouvernement dans les pourparlers sur les échanges commerciaux.
Le gouvernement précise que cela ne veut pas dire qu’il a l’intention de négocier directement avec les Américains, mais : « on veut que le Québec soit à la table ».
« Par cette nomination, nous faisons le choix de miser sur l’expérience et la compétence pour venir épauler notre gouvernement dans plusieurs missions cruciales. Ça me rend très fier de pouvoir accueillir, à nouveau, Pascal dans notre équipe », a conclu M. St-Pierre Plamondon.
Le précédent gouvernement de Christine Fréchette avait déjà nommé Louise Blais dans ce poste et tout porterait donc à croire que son mandat pourrait être terminé. M. Paradis sera appelé à épauler le ou la futur ministre des Relations internationales du Québec. Il relèvera toutefois directement du premier ministre et il « disposera de la légitimité et de l’autorité nécessaires pour assurer la cohérence de l’action gouvernementale et faire progresser ces dossiers prioritaires ».
Aucun élu péquiste à Québec
La défaite de M. Paradis a été un choc pour le Parti québécois (PQ). Élu dans Jean-Talon à la faveur d’une complémentaire en 2023, il a été le seul député du PQ dans la Capitale-Nationale jusqu’au 5 octobre, lorsqu’il a plié l’échine devant la candidate libérale Julie White. Le reste de la région a été balayé par le Parti conservateur (PCQ), tandis que Québec solidaire (QS) a réussi à garder ses deux sièges de Taschereau et Jean-Lesage.
La région se retrouve sans aucun représentant au gouvernement, puisqu’aucun candidat péquiste n’a réussi à y remporter un siège. On ne sait toujours pas comment le nouveau premier ministre s’assurera de la représentation de la région de Québec au sein de son conseil des ministres qui sera présenté ce mercredi.
Un profil international
Avocat d’affaires. M. Paradis a œuvré pendant 25 ans dans le domaine des relations internationales dans des pays des Amériques, d’Europe et d’Afrique. Il s’est occupé de projets d’infrastructures, de transactions internationales, de commerce international et d’énergie.
Il a été directeur général d’Avocats sans frontières Canada pendant 20 ans et également mis en oeuvre plus d’une cinquantaine de projets de coopération internationale. Détenteur d’un baccalauréat en droit de l’Université Laval, M. Paradis a fait sa maîtrise en droit international à la London School of Economics.