Abolition de 30 postes à Santé Québec Chaudière-Appalaches

Boris Chassagne | 22 octobre 2026 | 11:06
(Photo: Unsplash)

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) dénonce les coupes annoncées pour la fin novembre dans les services aux personnes aînées de Chaudière-Appalaches.

Santé Québec Chaudière-Appalaches, qui, selon le syndicat, compte abolit une trentaine de postes dans le réseau régional, dont 27 dans les centres d’hébergement pour les personnes aînées de la région.

Moratoire sur l’abolition de postes

L’APTS réclame « l’interruption immédiate de cette vague d’abolition de postes », laquelle aurait un impact direct sur la qualité des services offerts dans la région ». Nathalie Trottier, présidente locale de l’APTS de Chaudière-Appalaches, explique que « ces compressions vont nuire à la santé des personnes aînées. L’employeur… ne dit pas que M. Lajoie perdra sa marche quotidienne faute de pouvoir être accompagné par sa kinésiologue au CHSLD, ou que Mme Boulay sera privée de l’activité musicale animée par son éducatrice spécialisée dans sa Maison des aînés et alternative, une activité essentielle pour préserver sa mémoire. »

Ces coupes touchent davantage les emplois de réadaptation, donc en kinésiologie, ergothérapie, physiothérapie, éducation spécialisée, et en travail social, précise Mélanie Lapointe, représentante nationale de l’APTS de Chaudière-Appalaches. « Ce sont des services qui n’existeront plus. On parle de coupures sous le couvert du financement à la performance, alors qu’on devrait se préoccuper, de la performance clinique », ajoute-t-elle.

« Tout ça a des impacts sur la santé physique de nos personnes âgées. Ça aura assurément à court, moyen, long terme des impacts sur leur qualité de vie et sur leur bien-être. » — Mélanie Lapointe.


Le financement à la performance en cause

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux, qui représente plus de 68 000 membres, dont 4 000 dans la région de Chaudière-Appalaches, affirme que les arguments d’optimisation et de financement à la performance de Santé Québec ne tiennent pas la route. « Ces compressions sont tout simplement irresponsables compte tenu de la pénurie de main-d’œuvre et du vieillissement rapide de la population. Sans compter qu’elles génèrent une grande incertitude et causent un stress supplémentaire à tout le personnel », note le syndicat.

L’APTS qui compte continuer de dénoncer la situation, et en alerter le cabinet de la nouvelle ministre de la Santé. « Il n’est pas exclu qu’on se mobilise davantage. On souhaite informer la population que ce type de financement à la performance nous apparaît complètement déconnecté avec les besoins réels de la population », explique Mélanie Lapointe, représentante nationale de l’APTS de Chaudière-Appalaches.

Un bouclier budgétaire pour protéger les services publics

L’organisation syndicale demande aux gestionnaires de Santé Québec de Chaudière-Appalaches de retourner à la table à dessin et au nouveau gouvernement de revoir rapidement les types de financement du réseau de la santé et des services sociaux. « Le financement à la performance est une méthode de gestion opaque, qui fait passer les impératifs comptables avant les besoins de la population ». L’APTS qui va jusqu’à recommander l’instauration d’un bouclier budgétaire, précise Mélanie Lapointe, représentante nationale de l’APTS de Chaudière-Appalaches.