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Alternatives Appalaches affirme être à bout de souffle et se joint au mouvement de grève ce lundi
Geneviève Couture, directrice générale. (Photo: Alternatiives Appalaches) Le dernier budget déposé par le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, n’a rien fait pour calmer les ardeurs du milieu communautaire de la province. Les intervenants du secteur qui ont lancé ces dernières semaines une campagne pour dire haut et fort que le Communautaire est à boutte. Ils entrent en grève dès lundi pour une période de deux semaines.
Alternative Appalaches va comme près de 1 000 organismes communautaires de la province, participer à ce mouvement de grève interprovincial. « On observe la grève de manière quasi complète, mais on va faire quelques interventions pour s’assurer qu’on est toujours présents auprès de nos jeunes », précise Geneviève Couture, directrice de l’organisme Alternative Appalaches de Thetford Mines.
Le secteur communautaire n’en peut plus de faire le boulot de l’État, à une fraction du coût. L’organisme Alternative Appalaches de Thetford Mines est un cas type. « La plupart de nos références proviennent du CISSS ou du réseau scolaire. Ils ne sont plus capables de rien faire et nous les envoient. On essaie de faire tout ce qu’on peut avec ce qu’on a ». Le personnel de l’organisme qui donne tout ce qu’il a pour tenir le système à bout de bras, combler les écueils qui vont croissant. « Nos intervenantes sont parfois des femmes monoparentales qui ont de la difficulté à arriver parce qu’on n’est pas capables d’avoir un salaire décent. C’est tout à fait aberrant qu’en 2026, qu’on ne soit pas en mesure d’avoir des conditions de travail adéquates. C’est une question de société », affirme Mme Couture.
Jouer le rôle du dernier filet de protection
L’organisme qui s’occupe de jeunes qui vivent avec toutes sortes de difficultés. Pauvreté, criminalité, consommation, difficultés psychologiques, familiales, scolaires. « On se rend compte comme organisation qu’on a besoin de plus d’argent pour aider ces gens. Encore aujourd’hui, on a reçu un de refus de financement pour les trois prochaines années qui a pour conséquence que 30 à 50 jeunes ne pourront plus bénéficier d’un suivi individuel dans la MRC des Appalaches », explique Mme Couture. L’organisme qui, avec ses 10 employés, soutient plus de 1 000 élèves et 200 jeunes par année. « On a déjà été plus, mais en raison du manque de financement on a dû réduire nos effectifs.
Les besoins sont énormes. Alternative Appalaches ne suffit pas à répondre à la demande. Et elle est telle, que Mme Couture estime, sans hésiter, et sans gêne, avoir besoin d’un financement supplémentaire de 800 000 $. Imaginez. Et elle ne croit pas exagérer en sortant ce chiffre. « Et ça, c’est juste pour maintenir les services ». Mme Couture affirme avoir fermé trois services par manque de ressources humaines et financières ces 18 derniers mois : « une alternative à la suspension pour les élèves du primaire, une alternative à la scolarisation pour les jeunes du secondaire, et un projet de prévention de la criminalité chez les jeunes de 12 à 24 en rencontre individualisée » ont dû être abolis, explique Mme Couture.
« Au niveau de la population, on est méconnus. On tient le filet social à bout de bras depuis plusieurs années. Quand le réseau déborde, et ne sait plus quoi faire, ils vont nous référer des clientèles. On veut que les gens voient ce qui arrive, quand on n’existe plus. Et entrer en grève c’est aussi faire de l’éducation populaire », estime Mme Couture.
Une mobilisation inédite
Près de 1 000 organismes vont manifester dès lundi à travers la province. On devine à quel point les besoins sont criants. Mme Couture qui fait partie de la cellule locale de la mobilisation de la MRC des Appalaches. Elle sait qu’une quinzaine, voir une vingtaine d’organismes de la MRC sont mobilisés. « La situation est critique. C’est historique que les organisations vont sortir deux semaines en grève. Ça fait 25 ans que je suis dans le communautaire, c’est la première fois que je vois une mobilisation aussi grande. Je crois que ça peut faire changer les choses, qu’on peut se faire entendre. Surtout que la population soit éduquée à notre présence. On est là pour parler haut et fort pour ceux et celles qui ne sont pas en mesure de le faire. C’est notre rôle de nommer ça », de dire Geneviève Couture.