Carney dit que Trump a accepté, dans un appel, d’intensifier les négociations

Boris Chassagne | 21 juillet 2026 | 13:09
(Photo: Unsplash)

Le premier ministre Mark Carney dit s’être entretenu avec le président américain Donald Trump mardi matin et que tous deux se sont entendus pour que leurs négociations s’intensifient « pendant les prochaines deux semaines ».

Cet appel est survenu moins de 24 heures après que la Maison-Blanche eut signalé son intention de frapper le Canada de nouveaux droits de douane de 50 % sur une panoplie de produits, y compris des marchandises conformes à l’accord de libre-échange connu par son acronyme ACEUM.

Ces nouveaux droits de douane devraient entrer en vigueur dans 29 jours et s’appliquer à un large éventail de produits, allant des bâtons de hockey au vin en passant par le ciment. « Nous allons regarder toutes les options en termes de la façon dont nous répondrions s’ils prenaient effet », a dit M. Carney mardi avant-midi en répondant à quelques questions à Ottawa.

Il venait d’indiquer, dans une déclaration de préambule à sa brève mêlée de presse, avoir parlé à M. Trump un peu plus tôt. « Nous sommes d’accord d’intensifier nos négociations pendant les prochaines deux semaines », a-t-il soutenu. « Mais dans tous les cas, le Canada fera tout ce qui est nécessaire pour soutenir nos emplois, nos travailleurs, nos agriculteurs, les Canadiens et les Canadiennes et pour rendre le Canada plus fort, plus indépendant et plus résilient », a promis le premier ministre.

Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a présenté les nouveaux droits de douane comme une réponse aux interdictions provinciales visant les alcools américains, au système canadien de gestion de l’offre dans le secteur laitier et aux quotas imposés sur certains véhicules américains.

Le Canada a imposé des droits de douane de représailles de grande ampleur en réponse aux droits de douane de Donald Trump l’an dernier. Il en a depuis assoupli une grande partie afin d’apaiser les tensions commerciales.

Par ailleurs, plusieurs régies des alcools provinciales canadiennes ont cessé d’acheter de l’alcool américain l’an dernier en réaction aux droits de douane de Donald Trump et à ses menaces d’annexion. Si la Saskatchewan et l’Alberta ont remis l’alcool américain en vente, les principales provinces acheteuses, comme l’Ontario et le Québec, n’ont pas encore repris l’approvisionnement en alcool américain.

M. Carney a indiqué que le ministre du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, prévoyait de convoquer mardi après-midi le conseil consultatif qu’il préside. Le premier ministre a indiqué que le Canada avait formulé une série de propositions exhaustives et détaillées visant à moderniser l’ACEUM en réponse à la stratégie commerciale de l’administration Trump.

L’administration Trump avait annoncé début juillet qu’elle ne renouvellerait pas l’accord commercial. Cette décision déclenche des révisions annuelles successives pendant une période pouvant aller jusqu’à dix ans, à l’issue de laquelle l’ACEUM expirerait, à moins que toutes les parties ne s’accordent sur une prolongation. Mardi, M. Trump a déclaré aux journalistes dans le Bureau ovale qu’il aimait le « peuple canadien », mais a affirmé que le pays avait besoin des États-Unis pour survivre. « Le Canada s’est montré très, très dur à notre égard au fil des ans, depuis de nombreuses années, et aucun autre président n’a rien fait pour y remédier », a soutenu M. Trump.

Il a ajouté que ces nouveaux droits de douane n’avaient rien à voir avec ses menaces d’imposer des taxes supplémentaires au Canada en raison de la fumée des feux de forêt. Il a réitéré son affirmation selon laquelle le Canada ne gère pas correctement ses forêts.