Duhaime reconnaît que ses élus vont faire des gaffes et des erreurs
Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, prend part à la cérémonie de prestation de serment des députés du PCQ à l'Assemblée nationale, à Québec, le jeudi 22 octobre 2026. (Photo: LA PRESSE CANADIENNE/Jacques BoissinotJacques Boissinot) Les Québécois devront s’attendre à ce que les nouveaux élus du Parti conservateur du Québec (PCQ) fassent des gaffes et des erreurs, a admis leur chef, Éric Duhaime, lors de la cérémonie au cours de laquelle 18 élus confirmés ont prêté serment à l’Assemblée nationale, jeudi après-midi.
Une 19e élue du PCQ, Adriana Szalontai, était présente au Salon rouge, mais n’a pu prêter serment, puisqu’un dépouillement judiciaire était en cours pour la circonscription de Champlain. Sa victoire a finalement été confirmée en début de soirée, quand le Parti québécois a reconnu la défaite de son candidat.
Le parti de M. Duhaime a été propulsé au rang de deuxième opposition au scrutin du 5 octobre dernier, mais la grande majorité de ses élus sont des néophytes et plusieurs ont déjà semé la confusion et la controverse avec leurs déclarations.
« À ceux et celles qui salivent déjà de nous voir faire des gaffes et commettre des erreurs, j’ai un message pour vous : ben oui, on va en faire, a-t-il déclaré en en riant. C’est tout à fait normal, on est un nouveau groupe parlementaire qui est pratiquement parti de rien et les Québécois ne nous demandent pas d’être parfaits. »
Le nouveau whip du PCQ, le député Renaud Labrecque, a d’ailleurs appelé ses troupes à davantage de discipline et de professionnalisme, car elles n’ont pas beaucoup de temps pour faire leurs preuves : de nouvelles élections pourraient bien avoir lieu d’ici à deux ans parce que le gouvernement péquiste est minoritaire.
En mêlée de presse après la cérémonie, il a d’ailleurs laissé entendre que les membres du caucus conservateur ne seront pas toujours soumis à la ligne de parti lors des votes en Chambre – ce qui est plutôt rare dans la tradition parlementaire au Québec. « Je crois, en toute honnêteté, qu’on ne sera pas systématiquement tous à voter ensemble, ça ne nous rend pas plus méchants les uns envers les autres », a-t-il justifié.
Cela peut être particulièrement significatif dans un contexte de gouvernement minoritaire péquiste, avec ses 60 sièges sur 127, où chaque voix compte pour que le gouvernement ne soit pas renversé. Le PCQ peut donc détenir la balance du pouvoir.
La véritable opposition
Selon la leader parlementaire, Maïté Blanchette Vézina, le PCQ peut incarner la véritable opposition officielle à l’Assemblée nationale à la place du Parti libéral du Québec (PLQ), qui dispose pourtant de plus de sièges, 39, et de ce statut en vertu des règles de l’Assemblée. « On est la voie de centre-droit autonomiste, celle qui est la plus incarnée par les Québécois et on compte bien exercer ce rôle de chien de garde », a-t-elle soutenu.
Ce faisant, le PCQ prétend clairement vouloir supplanter pour de bon la Coalition avenir Québec (CAQ), qui aspirait à occuper l’espace de centre-droit résolument nationaliste, mais qui a été complètement rayée de la carte au dernier scrutin : aucun de ses députés n’a été réélu.
C’est la première fois que le Parti conservateur du Québec fait élire des députés au Parlement québécois depuis 1935, sous Maurice Duplessis, avant qu’il ne prenne la tête de l’Union nationale.
D’ailleurs, dans son discours, M. Duhaime a fait l’éloge de Maurice Duplessis, qui durant son long règne a été reconnu comme un premier ministre nationaliste et autonomiste.
En outre, tous les nouveaux élus du PCQ ont prêté serment au peuple du Québec sans prononcer le maintenant facultatif serment au roi, à l’instar de tous les élus des autres partis dans cette Législature – une première dans l’Histoire du Québec.
Mentionnons aussi que le drapeau du Canada était absent de la Salle du Conseil législatif, le Salon rouge, où se déroulait la cérémonie. Seul le drapeau du Québec avait été placé au côté du trône. « Pour nous, c’est clair qu’on est là pour le peuple québécois », a expliqué Mme Blanchette Vézina.
L’unifolié n’a été placé dans le Salon rouge que lors de la cérémonie de prestation de serment des élus du PLQ plus tôt cette semaine.
Le PCQ a réussi une percée en obtenant plus de 885 000 voix, soit 20,7 % des suffrages, ce qui s’est traduit par 19 sièges. Il a profité largement de l’effondrement de CAQ, dans la région de Québec, de Chaudière-Appalaches, du Centre-du-Québec et de Portneuf, jusqu’aux limites de l’Estrie, dans Mégantic et jusqu’aux portes de la Mauricie, dans Champlain.
M. Duhaime a de nombreux défis devant lui, notamment de gérer une équipe largement inexpérimentée. Il n’y a que l’ex-caquiste Maïté Blanchette Vézina, passée au PCQ en 2025, et Caroline Simard, députée libérale de 2014 à 2018, qui ont accumulé un bagage parlementaire.